BNP : pour dix milliards de jetons de casino

22 Décembre 2021

La BNP, première banque française et dixième mondiale, s’est procuré 14,4 milliards d’euros en cash en vendant une de ses filiales aux États-Unis.

De cette somme, re­présen­tant 20 % de sa valeur totale, la banque va consacrer quatre milliards à racheter ses propres actions, c’est-à-dire à arroser ses actionnaires, et le reste à des « acquisitions ciblées dans les technologies innovantes ».

Ces opérations consis­tent en de purs paris spéculatifs sur de petites sociétés, dites start-up, mines d’or ou fiascos selon le cas. Outre l’argent gagné le temps de l’illusion boursière, la BNP espère tomber sur un diamant brut, comme le furent en leurs débuts Amazon, Google ou la société à l’origine d’un vaccin contre le Covid. Ces start-up ont fait la fortune de leurs fondateurs, certes, mais aussi des banquiers qui les avaient en portefeuille parmi des dizaines d’autres. Dans ces opérations, la banque ne finance pas plus l’innovation que le parieur n’améliore la race chevaline en faisant son tiercé.

Spéculer au casino de la Bourse, utiliser sa puissance pour gagner à tout coup, verser les bénéfices à quelques familles de grands actionnaires et ne plus faire que cela, voilà toute la science des dirigeants des grandes banques.

Paul GALOIS