Allemagne : Alstom veut supprimer 1 300 emplois

22 Décembre 2021

Au mois de janvier 2021, Alstom a racheté la division ferroviaire allemande de Bombardier. Les carnets de commandes étant pleins, Alstom assurait que personne ne devait s’inquiéter, il y aurait « besoin de tout le monde ».

Moins d’un an plus tard, le groupe qui emploie 9 400 personnes en Allemagne annonce la suppression d’un emploi sur sept, soit 1 300. En réalité, les attaques étaient prévues dès le début. Le jour de l’annonce, le 10 décembre, toute l’équipe du matin et l’équipe en normale ont spontanément cessé le travail à l’usine de Görlitz, en Saxe. Dans cette seule usine, Alstom veut supprimer 400 emplois, presque la moitié. À 300, les ouvriers ont défilé dans les rues, disant aussi leur crainte que le groupe ne s’arrête pas là et prévoie en réalité de fermer leur usine. Dans la région, la fin de l’exploitation du lignite à ciel ouvert, prévue dans les prochaines années, fait déjà peser une lourde menace sur plusieurs milliers d’emplois.

Le groupe veut également supprimer des emplois dans d’autres usines, presque toujours celles situées dans l’ancienne Allemagne de l’Est, où le chômage et la pauvreté sont particulièrement élevés. Comble du cynisme, ces usines sont héritées de celles de construction ferroviaire de l’ancienne République démocratique allemande, reprises par Bombardier quelques années après la réunification, en 1998, quand tant d’autres avaient été purement et simplement liquidées. Quand, une vingtaine d’années plus tard, en 2016, Bombardier voulut supprimer brutalement plus de 2 000 postes, des manifestations massives eurent lieu, surtout justement à Görlitz, et Bombardier dut en partie remballer son plan.

Cinq années plus tard, il faudra une détermination au moins aussi grande pour faire reculer Alstom. Mais, pour les travailleurs d’Allemagne comme de France, c’est la voie à suivre pour sauver leur peau !

Alice MORGEN