Électricité : subventions pour les distributeurs- arnaqueurs

15 Décembre 2021

Un amendement à la loi de finance 2022 doit être déposé et examiné au Parlement les 16 et 17 décembre, sous prétexte de réduire les factures d’électricité en limitant la hausse à 4 % comme annoncé par Castex.

En même temps, il est annoncé que cette limitation doit prendre fin en 2023 et que les ménages seraient ensuite obligés de rembourser le « manque à gagner » des producteurs et distributeurs d’électricité. Les particuliers ne gagneraient donc rien, le prétendu cadeau n’étant qu’un délai de paiement !

Mais au cas où cela ne suffirait pas, d’autres mesures sont envisagées en faveur des distributeurs dits alternatifs (alternatifs par rapport à EDF). Actuellement, EDF est obligée de vendre le quart de sa production d’origine nucléaire, soit 100 térawattheures par an, au prix bradé de 42 euros le mégawattheure, alors que le tarif du marché atteint en ce moment le record de 220 euros. Les alternatifs achètent donc à EDF cinq fois moins cher que le prix du marché actuel et ils revendent en faisant une marge. L’affaire est tellement lucrative que les alternatifs sont de plus en plus nombreux : ils sont maintenant 40 (il y en a aussi pour le gaz) dont l’écrasante majorité ne produisent pas le moindre électron. Ils se contentent d’acheter et de revendre.

Seulement la bousculade des alternatifs pour obtenir cette électricité très bon marché a entraîné que les 100 térawattheures ne suffisent plus, il en faudrait environ 150. Et pour le moment les alternatifs sont bien obligés d’acheter ce qui leur manque au prix du marché. Et là c’est la catastrophe, car ils doivent ensuite vendre à leurs clients le courant au tarif, relativement favorable, des contrats qu’ils ont négociés avec eux. Les voilà donc obligés de vendre à perte !

L’un d’eux, Hydroption, vient de faire faillite, Énergie Leclerc cesse ses offres, et plusieurs alternatifs sont au bord de la faillite. Mais, bien que la libre concurrence soit constamment évoquée, il n’est pas question de laisser tomber les alternatifs en difficulté, sinon ces prétendus concurrents risquent de disparaître, ne laissant plus qu’EDF et deux ou trois autres.

L’amendement permettrait d’augmenter la part du nucléaire vendu à bas prix au détriment d’EDF (mais il faut l’accord de la Commission européenne) et de mettre en place un mécanisme de compensation pour les fournisseurs alternatifs, autrement dit de les subventionner.

Ainsi les alternatifs créés de toutes pièces, ne produisant rien, mais spéculant et « distribuant » ce qu’ils n’ont pas produit, seraient aidés grâce à l’argent des contribuables. Leur arnaque aurait ainsi fonctionné à fond !

André VICTOR