Yémen : désastre sans fin

08 Décembre 2021

D’après un bilan de la situation au Yémen publié le 25 novembre par l’ONU, 377 000 personnes y seraient mortes du fait d’une guerre qui dure depuis près de sept ans : 150 000 dans les combats et 227 000 de la famine.

Celle-ci est une autre conséquence de la guerre qui aboutit à ce qu’un enfant de moins de cinq ans meure toutes les cinq minutes.

Ce pays de 26 millions d’habitants a toujours été considéré par le royaume saoudien comme sa chasse gardée. De plus, le Yémen est la porte du détroit de Bab el-Mandeb par lequel transite le quart du pétrole mondial et 10 % du commerce maritime international.

Mais la décision prise par l’Arabie saoudite de déclencher la guerre au Yémen en 2015 n’a pas été seulement motivée par son obsession de contrôler sa zone d’influence. C’est bien aussi pour servir ses maîtres impérialistes que le royaume saoudien s’y est lancé. Face aux mobilisations du printemps arabe qui secouèrent le Yémen en 2011, contestant le pouvoir du dictateur Ali Abdallah Saleh, l’Arabie saoudite aida en effet les États-Unis à mettre en place un pouvoir de rechange pour tenter d’éteindre l’incendie. De concert, ils mirent en place le numéro deux du précédent régime, Abd Rabbo Mansour Hadi qui fut aussitôt déstabilisé par les milices houthistes, un mouvement issu de tribus chiites concentrées dans le nord du pays, et contraintes à se réfugier en Arabie saoudite. Devant cette situation, le 26 mars 2015, Mohammed ben Salmane, alors ministre de la Défense saoudien, déclencha la guerre pour vaincre les Houthistes et rétablir au pouvoir le président Hadi. Près de sept ans et des centaines de milliers de morts plus tard, l’Arabie saoudite en est toujours au même point et les bombardements de ses forces armées continuent de tuer des civils.

Les dirigeants américains laissent leur allié saoudien s’enliser seul. Peu après son arrivée à la Maison Blanche, Biden avait certes annoncé la fin du soutien américain à sa campagne militaire au Yémen. Mais il s’agissait surtout de faire mine de se distinguer de son prédécesseur, Trump. Cette guerre continue à constituer un excellent marché pour les marchands d’armes. L’aide technique et en armements de la France, de la Grande-Bretagne et des États-Unis n’est donc pas près de s’arrêter.

Les brigands impérialistes et l’ONU peuvent faire mine de s’inquiéter du sort des populations, ils sont totalement complices de cette catastrophe humanitaire.

Aline RETESSE