Mélenchon : "tous unis… derrière moi !"

08 Décembre 2021

« Rejoignez nos forces, assez de jérémiades, de pleurnicheries, d’hésitations, au combat ! » C’est en ces termes que, lors de son premier meeting de campagne, organisé à la Défense dimanche 5 décembre, Jean-Luc Mélenchon a appelé l’ensemble de la gauche « à faire l’union par la base », derrière un programme commun… et, surtout, derrière lui !

Avant le meeting, Mélenchon avait participé à la mise en place d’un Parlement d’union populaire de 200 membres, dont la moitié n’appartiendrait pas à LFI. Présidé par l’ancienne dirigeante d’Attac, Aurélie Trouvé, ce n’est rien d’autre qu’un comité de soutien, affublé d’un nom un peu plus pompeux. Il réunit diverses personnalités de la gauche, syndicalistes, écrivains, militants associatifs, censées incarner ce rassemblement que Mélenchon appelle de ses vœux. Une place particulière a été donnée durant le meeting au maire PC de Stains, en Seine-Saint-Denis, Azzédine Taïbi, qui a préféré faire campagne pour Mélenchon plutôt que pour le candidat de son parti. Pour les mêmes raisons, le ralliement de l’ancien porte-parole de Sandrine Rousseau lors de la primaire d’Europe Ecologie-Les Verts, Thomas Portes, est mis en avant.

Mélenchon tente ainsi de convaincre les électeurs qu’il est le seul, parmi tous les candidats de gauche, à pouvoir se qualifier pour le deuxième tour du scrutin présidentiel. « La division de l’extrême droite abaisse le seuil d’entrée au second tour. C’est un trou de souris, mais on a une chance d’y être », a-t-il déclaré dans une interview au Parisien. « Tout dépend des quartiers populaires, s’ils vont voter. »

Mais qu’y gagneraient donc les quartiers populaires auxquels s’adresse ainsi Mélenchon ? « Il faut rompre avec ce monde ! », « en finir avec la pauvreté, le chômage et leurs cortèges de privations », proclame le leader des insoumis, qui promet, s’il est élu, d’appliquer son programme de la « première à la dernière ligne ». Mélenchon voudrait ajouter son nom à la longue liste des dirigeants de gauche,dont Blum, Mitterrand, Jospin et dernièrement Hollande, qui ont multiplié les promesses aux travailleurs et aux classes populaires. Mais une fois au pouvoir, tous les ont trahis en faisant mine de découvrir la puissance du mur de l’argent.

Aucun changement n’est jamais sorti des urnes. Ceux qui dirigent vraiment la société ne sont pas élus : ce sont les capitalistes, ceux qui détiennent les plus grandes entreprises, les rois de la finance et de l’industrie. Pour imposer un véritable changement, pour rompre vraiment avec ce monde, il faudra les renverser, leur ôter leur pouvoir économique en les expropriant. Cet objectif, les travailleurs ne pourront l’imposer qu’en utilisant les armes de la lutte de classe, par les grèves et les mobilisations, et pas grâce aux illusionnistes de la gauche réformiste.

Marc RÉMY