Fountaine-Pajot Charente-Maritime : en grève pour les salaires

08 Décembre 2021

Les travailleurs de ce chantier nautique à La Rochelle et Aigrefeuille sont en grève pour les salaires depuis le 3 décembre. L’entreprise, qui fabrique des yachts de luxe, a pour actionnaire principal le maire de La Rochelle et a fait, aux dires de ses dirigeants, une année exceptionnelle.

Le chiffre d’affaires a augmenté de 17 %, les actionnaires se sont distribué 3,8 millions de dividendes, il y a dans les caisses 86 millions d’euros de réserve et le carnet de commandes est plein. Quant aux salaires, ils sont parmi les plus bas du secteur, au point que la direction peine à embaucher, même en intérim.

Cela fait plusieurs mois que la hausse des prix fait discuter salaires, et d’autant plus à l’approche des négociations salariales annuelles. Alors, quand la direction a proposé 3 %, soit environ 44 centimes brut de l’heure, le mécontentement a éclaté. Les syndicats, qui demandaient 1,20 euros brut (environ 150 euros net par mois), avaient proposé de se retrouver vendredi 3 décembre à la pause du matin pour faire un compte rendu : il y avait environ 80 personnes sur le site de La Rochelle et 130 sur celui d’Aigrefeuille. La pause s’est transformée en grève.

À La Rochelle, la grève a duré la journée pour une majorité du personnel de fabrication en CDI et il a été voté de se retrouver le lundi pour continuer jusqu’à ce que la direction revoie son offre.

À Aigrefeuille, la pression des travailleurs a amené les délégués à mettre au vote la poursuite du débrayage jusqu’à l’arrivée de l’équipe de l’après-midi. Cela était décidé très majoritairement, les syndicats rappelant de leur côté qu’ils proposaient une heure par jour, et que chacun était libre de faire la grève qu’il voulait.

Lundi 6 décembre au matin, à La Rochelle, les braseros étaient allumés dès 7 heures et le rassemblement des grévistes s’étoffait tout au long de la journée : il y avait plus de grévistes que vendredi, dont quelques intérimaires. Tous étaient heureux de se retrouver nombreux et déterminés à ne pas lâcher car « il y en a ras le bol de bosser pour des clopinettes, en s’esquintant la santé, avec des horaires pas possibles ». Un vote à main levée décidait à une très large majorité de continuer la grève le lendemain toute la journée. Certains syndicalistes, qui ne proposaient qu’une heure par jour à la convenance de chacun, se faisaient rabrouer. Le barbecue était allumé et la presse venait couvrir l’événement.

Malgré les manœuvres de la direction, la grève était reconduite pour mercredi 8 décembre, bien des travailleurs se disant décidés à ne pas reprendre tant que la direction n’aurait pas cédé.

Correspondant LO