DPD – Le Coudray-Montceaux : travailleurs sans papiers en lutte

08 Décembre 2021

DPD est une entreprise sous-traitante de La Poste qui emploie au Coudray-Montceaux, dans l’Essonne, autour de 400 salariés, dont une bonne partie, intérimaires, sont sans papiers.

70 d’entre eux ont entamé une grève depuis le 15 novembre pour dénoncer leurs conditions de travail et sortir d’une précarité qui les expose à la surexploitation.

C’est par le t­ruchement de sous-traitants que La Poste, via sa filiale DPD et son partenaire Derichebourg, recrute des travailleurs auxquels des horaires et des conditions de travail particulièrement indignes sont imposés. Les médias, y compris les journaux télévisés de France 2 et France 3, ont pu relayer ces conditions : journées à rallonge de plus de 12 heures d’affilée, cadences de folie allant jusqu’au tri de 8 000 colis par jour, paies ne reflétant aucunement les horaires de travail. Les travailleurs en lutte considèrent que La Poste les traite comme des esclaves.

Pendant deux semaines, la grève a tenu à travers deux piquets, l’un installé à l’intérieur de l’enceinte de DPD et l’autre à l’entrée de l’usine. La direction avait en effet, lors de la première nuit d’occupation, fermé le site à une partie des grévistes partis à l’extérieur. La direction de DPD, ne reconnaissant pas ces travailleurs comme salariés de l’entreprise, les a assignés en référé le 24 novembre. Le tribunal de grande instance (TGI) d’Évry a rendu son avis six jours plus tard, au détriment des travailleurs, demandant l’évacuation des occupants de l’usine dans un délai de deux heures à compter de la décision, sous peine d’avoir à payer une astreinte de 50 euros par participant et par heure de retard. Les travailleurs évacués ont aussitôt rejoint le piquet extérieur.

La décision du tribunal était attendue par les militants soutenant le mouvement et par les sans-papiers eux-mêmes. Mais la complicité de l’État dans cette affaire n’a entamé en rien la combativité des grévistes qui se sont tous regroupés à l’entrée de l’usine. Affrontant le froid et les intempéries du moment, leur détermination est restée intacte et ils sont bien décidés à tenir jusqu’à obtenir satisfaction. Ils l’ont d’ailleurs clamé bien fort mardi 7 décembre devant La Poste de Corbeil.

La Poste, donneur d’or­dres à l’œuvre... de l’esclavage salarié.

Correspondant LO