IVG : un droit à faire respecter02/12/20212021Journal/medias/journalnumero/images/2021/12/2783.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

IVG : un droit à faire respecter

Depuis lundi 29 novembre, les députés examinent une proposition de loi visant à étendre de 12 à 14 semaines le délai pendant lequel une femme peut légalement recourir à une interruption volontaire de grossesse (IVG).

La même discussion a déjà eu lieu il y a plus d’un an. La proposition de loi avait même alors été adoptée par les députés, avant d’être rejetée par les sénateurs sous des considérations mêlant hypocrisie, misogynie, obscurantisme et calculs électoraux.

Chaque année, 4 000 à 5 000 femmes décidées à mettre un terme à leur grossesse sont contraintes d’aller à l’étranger pour exercer ce droit pourtant élémentaire de décider d’être mère ou pas.

Le plus souvent, c’est aux Pays-Bas ou en Espagne, où l’avortement est possible jusqu’à 22 semaines de grossesse, que ces femmes doivent se rendre. Du moins celles qui ont les moyens de payer le voyage, la clinique, l’intervention… Et c’est sans compter toutes les autres difficultés, la barrière de la langue, l’éloignement, la solitude, etc., qui s’ajoutent à l’angoisse inhérente à tout avortement. Cela n’a pas empêché Macron de déclarer le 25 novembre son opposition à l’allongement du délai au prétexte que « des délais supplémentaires ne sont pas neutres sur le traumatisme d’une femme ». Il faut dire que c’était à l’occasion de sa visite au Vatican pour rencontrer le pape !

Le droit à l’IVG est un droit fondamental. Les femmes l’ont conquis par les luttes qui ont imposé en 1975 la loi permettant d’interrompre une grossesse non désirée dans des conditions médicalisées. Mais, comme toute loi, c’est un droit mais pas une garantie.

Pour avoir une chance d’accéder au droit ouvert par la loi, il faut déjà obtenir un rendez-vous. Or le nombre de centres pratiquant des IVG ne cesse de diminuer. Il en est de même du nombre de médecins pratiquant des IVG, d’autant qu’ils ont le droit, sous prétexte d’une clause de conscience, de refuser de pratiquer cet acte médical, par ailleurs peu rémunérateur. Selon le Planning familial, 130 centres ont disparu ces dix dernières années. Entre le premier rendez-vous et l’intervention, il s’écoule donc, en moyenne, trois semaines. C’est dire la course contre la montre pour rester dans les délais légaux, et les difficultés psychologiques qui vont avec.

Au-delà du nécessaire allongement du délai pendant lequel une femme doit pouvoir bénéficier d’une IVG dès lors qu’elle l’a décidé, il faudrait obtenir les moyens financiers et humains pour assurer une prise en charge de qualité et la plus rapide possible.

Cela, ce n’est pas la loi qui l’offrira, il faudra encore lutter pour l’imposer.

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