Sages-femmes : cela ne fait pas le compte !

24 Novembre 2021

Lundi 22 novembre, la Fédération française hospitalière et trois syndicats ont signé un accord avec le gouvernement concernant les sages-femmes. Cependant, il est loin de répondre à leurs attentes.

Depuis le début de l’année, celles-ci ont manifesté à six reprises pour réclamer une augmentation de leurs salaires, un statut plus favorable et des embauches, afin qu’elles puissent effectuer leur travail de façon plus sereine et chaleureuse envers les femmes qui accouchent.

Outre la promesse de promotions de carrière plus importantes à l’hôpital – mais cela n’est pour l’instant qu’une promesse –, l’accord prévoit un allongement de la formation initiale, qui devrait passer de cinq à six ans. Mais le point principal est celui des salaires, qui déclenche les applaudissements du gouvernement et des médias… à défaut de ceux des sages-femmes.

Derrière l’annonce d’une augmentation salariale importante de 500 euros net par mois se cache en effet un loup. Cette somme inclut déjà les 183 euros de prime accordés à la suite du Ségur de la santé, touchés depuis près d’un an. Une revalorisation des salaires de 78 euros net à partir de mars 2022 va s’y rajouter, mais les contractuelles exerçant dans un hôpital ne la toucheront pas. Quant à la prime dite d’exercice médical de 240 euros, elle exclut, elle, les sages-femmes rattachées à la fonction territoriale et exerçant en PMI. En outre, comme il s’agit d’une prime, celle-ci ne rentre pas dans le calcul des droits à la retraite et elle est soumise à une obligation de présence : ainsi, elle ne sera pas versée aux personnes en congé maladie ou maternité ; une façon de faire pression sur les sages-femmes.

En définitive, une partie d’entre elles peuvent espérer obtenir, en mars 2022, une augmentation de salaire de 423 euros mensuels au maximum, tandis que d’autres ne recevront que 261 euros. Ce sont, pour un même travail, deux salaires différents ! Ne se contentant pas des résultats de cette négociation, les sages-femmes continuent à manifester leur mécontentement et appellent à une mobilisation les 27 et 28 novembre.

Marianne LAMIRAL