"Les travailleurs peuvent offrir un avenir à toute la société"

24 Novembre 2021

De Chartres à Vesoul en passant par Château-Thierry et Belfort, lors des débats où Nathalie rencontre militants et sympathisants, tous les travailleurs constatent les dégâts de la course à la rentabilité.

Un stagiaire de 15 ans travaillant 35 h à Carrefour sans être payé ; un apprenti à PSA qui n’apprend rien mais passe le balai sur les postes de travail ; une employée dont le salaire varie d’un mois à l’autre et n’est versé que le mois suivant ; dans tous les secteurs, on constate le même mépris.

Chez Alstom, la SNCF ayant découvert des problèmes de soudure sur les TGV, la direction dit aux travailleurs qu’ils sont des incapables. Prétextant une baisse d’activité, elle les pousse à prendre leurs RTT, leurs congés, et les met au chômage partiel. Et pourtant, les carnets de commande sont pleins, Alstom amasse des milliards. Déjà en 2016, l’entreprise avait failli fermer, alors les salariés soupçonnent un mauvais coup. En fait, s’il y a du travail, il faut le répartir entre tous. « Il ne faut pas attendre du patron une solution, ni trouver pour lui une prétendue perspective de « réindustrialisation » comme le proposent les syndicats. C’est à nous de prendre les choses en main ! »

Ici et là, il y a des réactions. Même des intérimaires, pour se faire respecter et montrer à leurs collègues qu’ils ne se résignent pas, ont participé à des débrayages, comme chez FM Logistic à Château-Thierry ou chez PSA à Vesoul. Dans un climat marqué par un sentiment d’impuissance et de manque d’unité du côté des travailleurs, ces réactions font ressurgir la solidarité : « pour préparer les luttes de demain, on peut agir dès aujourd’hui : il faut faire sauter les verrous dans les têtes, parler de nos besoins car on a tous les mêmes problèmes. La société doit répondre d’abord aux intérêts des travailleurs et si elle n’en est pas capable, il faut en changer ! » a rappelé Nathalie.

Se sentir à contre-courant ne doit pas empêcher de tenter d’avancer vers la construction d’un parti communiste révolutionnaire. Les médias font la propagande de la bourgeoisie ? Il faut leur répondre, notamment avec notre journal. Certains jeunes sont attirés par le côté transgressif d’un Zemmour, bien qu’ils ne soient pas forcément racistes dans leur comportement ? On peut leur offrir une autre perspective en montrant que la seule véritable différence est celle qui oppose les classes sociales. Les gilets jaunes ont été réprimés ? Les patrons nous divisent ? Les syndicats ne donnent pas de perspectives, alors qu’il faudrait un Mai 68, un Juin 36 ? Oui, c’est bien pourquoi il faut que les jeunes connaissent cette histoire et s’en emparent car, dans les prochaines luttes, il faudra être prêts à aller plus loin, pour prendre le contrôle sur l’économie et contester le pouvoir de la bourgeoisie.

« Dans cette période, nous sommes fiers d’être à contre-courant », a dit Nathalie, en ajoutant : « Les travailleurs sont les seuls, en défendant leurs intérêts, à pouvoir offrir un autre avenir à toute la société. »