Hôtellerie-restauration : aux fourneaux de la lutte de classe

24 Novembre 2021

Le 18 novembre, au sortir d’une réunion avec les syndicats de salariés, les organisations patronales de l’hôtellerie-restauration affirmaient avoir proposé des augmentations de salaire de 10,5 % en moyenne.

En fait, la proposition se limite à moins de 5 % pour les plus bas salaires, soit plus de la moitié des travailleurs du secteur. Les salaires étant bloqués depuis trois ans, et l’augmentation des prix ayant largement dépassé 5 % durant cette période, cette pseudo-augmentation n’est pas même un rattrapage. En outre, les patrons refusent toutes les autres revendications, sur le temps et les conditions de travail, les jours de congés, les horaires, etc.

Ces patrons de l’hôtellerie-restauration ont pourtant pris les aides et subventions diverses versées pendant la période d’interruption due à l’épidémie. Ils bénéficient toujours de prêts garantis, dont l’échéance a même été repoussée. Le gouvernement vient de décider d’un plan tourisme, dont l’hôtellerie-restauration touchera bien entendu une bonne part. Malgré l’abondance de ces cadeaux, le patronat du secteur affirme ne pas trouver les 150 000 employés qui font défaut. Ils se font beaucoup plus discrets quant aux conditions réelles qu’ils imposent aux travailleurs.

Il y a bien sûr les petits bars et restaurants dont les patrons ne vivent pas mieux que les travailleurs qui constituent leur clientèle. Mais il y a aussi la myriade de petits bourgeois féroces qui font tourner leur entreprise avec des stagiaires envoyés par Pôle emploi ou le lycée hôtelier de la ville, dont les plongeurs et les commis de cuisine sont sans papiers et sans droit, dont les chambres sont nettoyées par des mères célibataires payées à l’heure, dont les saisonniers dorment dans des caravanes ou des chambres de bonne miteuses et dont les employés en fixe sont aussi corvéables qu’ils sont peu nombreux. Et il y a surtout, très loin au-dessus du point de vue des bénéfices, mais pratiquant ou faisant pratiquer les mêmes méthodes, les multinationales de l’hôtellerie, les capitalistes des stations de ski ou du tourisme de masse. Accor, par exemple, a accru ses profits pendant l’épidémie, alors même que ses hôtels de par le monde étaient fermés ou vides.

Tous sont d’accord sur un point : augmenter les salaires serait toucher à leurs bénéfices, et pour eux il n’en est pas question. Il n’est pas dit que les travailleurs du secteur, quel que soit leur statut, l’entendent de cette oreille.

Paul GALOIS