Hôpital d’Alençon-Mamers : au bord de la rupture… en permanence !

24 Novembre 2021

La direction du centre hospitalier d’Alençon-Mamers, à cheval sur l’Orne et la Sarthe, avait suscité la colère en annonçant, jeudi 18 novembre, sa « proposition » de supprimer plusieurs dizaines de lits dans les deux hôpitaux, et de fermer pour un mois les Urgences de Mamers.

Finalement, après le déclenchement du plan blanc, il a surtout été prévu d’imposer heures supplémentaires et mesures d’urgence à davantage de personnel.

Le travail de cette direction consiste à imposer au personnel la gestion de la pénurie, et c’est peu dire. Le rythme et les conditions de travail sont tels que beaucoup partent : une dizaine de départs ont eu lieu parmi les infirmiers urgentistes depuis l’été, plus de 10 % des effectifs. Un des deux services de médecine de Mamers a été supprimé cette année : ce service avait été transformé un temps en service Covid, et au moment de le rouvrir il s’est avéré qu’il n’y avait plus assez de médecins.

Aux Urgences d’Alençon, les patients en observation sont parfois dans les couloirs plusieurs jours de suite. Dimanche 14 novembre, la situation y était intenable,. Le nombre de patients attendant dans les couloirs dépassant le seuil habituel, l’administrateur de garde répondait : « Je n’ai pas de solution. » L’équipe soignante a alors tout simplement cessé de travailler, refusant de reprendre avant qu’une solution soit trouvée. Face à cette réaction collective le directeur, en week-end, a dû rappliquer en urgence et organiser la répartition des patients dans tous les services.

Les diverses annonces, fermetures « provisoires » de nouveaux lits, mobilisation de personnel plus éloigné, sont des rustines qui ont toutes un air de panique, indices du mépris que l’État nourrit pour les petits hôpitaux de province comme pour tout le système de santé.

Des syndicats appelaient le personnel des Urgences à une grève à partir du 23 novembre. La colère du personnel et de la population est la seule réponse que les responsables du système de santé méritent.

Correspondant LO