France Loisirs – Noyelles-sous-Lens : les menaces de fermeture déclenchent la grève

24 Novembre 2021

Depuis mercredi 17 novembre, plusieurs dizaines de salariés des entreprises Setralog, France Loisirs, Socprest, Marigny & Joly, Teralibris (du groupe Actissia) à Noyelles-sous-Lens, dans le Pas-de-Calais, sont en grève et se rassemblent nuit et jour devant les portes de l’usine de Setralog.

Le groupe, spécialisé dans la vente par correspondance de produits culturels, est la propriété d’un seul actionnaire, Adrian Diaconu, qui l’a racheté en 2015. Il a d’ailleurs successivement acheté de nombreuses entreprises en difficulté, présentant ses acquisitions comme des opérations de sauvetage.

Après avoir licencié 450 personnes en 2018, dont un certain nombre, connues par les grévistes, sont toujours au chômage, il déclarait en 2019 que le bout du tunnel n’était pas loin. et en octobre il a finalement annoncé être en cessation de paiements. La menace d’être jetées à la rue après bien des sacrifices pèse aujourd’hui sur environ 200 personnes des quatre entreprises situées à Noyelles et sur environ 500 personnes dans les 143 boutiques de France Loisirs menacées aussi à terme de fermeture.

Depuis plusieurs années, cette ambiance « d’entreprise en danger » a en tout cas été utilisée pour maintenir les salaires au plus bas, au smic pour beaucoup. La coupure de l’entreprise en petits morceaux était aussi une manière de diviser, de ne pas donner les mêmes primes partout ou de ne pas se relier aux mêmes conventions collectives.

Avec ce nouveau mauvais coup, les grévistes des quatre entreprises se retrouvent au même endroit et parlent ensemble. Que sont devenues les subventions publiques ? Comment croire cet actionnaire qui se lamente d’avoir perdu beaucoup d’argent et qui contrôle toutes ses sociétés à travers une entreprise d’investissement au Luxembourg, où les impôts sont réduits et l’opacité des comptes maximum ?

Les offres ridicules et provocantes de deux prétendus repreneurs sont inacceptables pour tout le monde. Quant au plan de licenciement avec des indemnités légales misérables, à peine supérieures à 10 000 euros pour quatorze ans d’ancienneté, et moins encore pour ceux en temps partiel, elles font monter la colère.

Les grévistes sont bien décidés à se faire entendre. Alors que les fêtes arrivent et que les magasins se remplissent, ils espèrent bien rappeler à tout le monde que, sans leur travail, rien ne fonctionne.

Correspondant LO