Face à la révolte : le gouvernement sort la matraque

24 Novembre 2021

« C’est une petite minorité violente qui dévalise les magasins, qui barre les routes, qui rançonne les automobilistes, qui empêche des personnes malades d’accéder à des soins parfois vitaux et qui va même jusqu’à tirer sur les forces de l’ordre. Je condamne avec la plus extrême fermeté ces violences », a déclaré le Premier ministre lundi soir 22 novembre.

Castex voudrait faire croire que la révolte sociale en Guadeloupe n’est le fait que d’une minorité, réduite à une bande de délinquants particulièrement violents. Les médias ont bien évidemment repris cette propagande à longueur de reportages, réalisés invariablement devant une route barrée par des blocs de béton et une voiture brûlée. Mais cette propagande a tout de même du mal à cacher la vérité : c’est toute une population qui n’en peut plus, de la misère, du chômage, des trop fréquentes coupures d’une eau polluée par le chlordécone et du délaissement par l’État de tous les services publics, en particulier des hôpitaux.

Et il ne faut pas oublier que le déclencheur de la révolte qui secoue la Guadeloupe est précisément la décision du gouvernement de suspendre sans salaire des travailleurs de la santé, au risque de vider encore davantage les hôpitaux de leur personnel.

Le ministre de l’Intérieur, Darmanin, s’est vanté le 23 novembre d’avoir réalisé « 90 interpellations et plus de 60 gardes à vue » depuis le début de cette crise. « Le rétablissement de l’ordre public est le préalable à toute discussion », a-t-il déclaré après avoir envoyé les forces du Raid et du GIGN. Le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, a renchéri en affirmant : «On est sur des bandes, on est sur des voyous, […] qui se servent de cette crise pour s’exprimer dans la violence ». Et de revendiquer « la réponse du gouvernement […] implacable, […] ferme : l’envoi du Raid et du GIGN ».

La seule réponse que peut imaginer un tel gouvernement à une crise sociale est, comme toujours, la menace de la force. Les vrais incendiaires sont ces ministres et autres tenants d’un pouvoir qui défend les possédants, une classe sociale qui impose la violence de l’exploitation à toute une population. C’est ce qui la condamne.

Aline RETESSE