Face à la hausse des prix : augmentez les salaires !

24 Novembre 2021

Face à la hausse des prix, non seulement de l’essence, du gaz ou de l’électricité mais aussi de l’alimentaire, du logement ou des assurances, il n’y a pas d’autre solution pour les travailleurs que d’imposer des augmentations de salaire.

Selon l’Insee, en octobre, les prix du gaz auraient augmenté de 50 % en un an, ceux du gazole de 27 %, les transports de 8,7 %, tandis que l’inflation générale serait de 2,6 %. Tous ceux qui doivent débourser 25 ou 30 euros supplémentaires chaque semaine pour faire le plein, ou qui ont vu le prix de la baguette augmenter de 10 % d’un coup, savent que l’inflation réelle est bien supérieure à ces indices officiels. Ils voient surtout qu’ils ne peuvent plus s’en sortir.

Dans diverses entreprises, cette flambée des prix coïncide avec la période dite des NAO, les négociations annuelles obligatoires. Comme toujours, en guise de « négociations », les patrons font des propositions ridicules, parfois 10 ou 15 euros par mois, à peine améliorées après les réunions avec les représentants du personnel. Ainsi Leroy Merlin, propriété de la famille Mulliez (Auchan, Décathlon...), 250 millions d’euros de bénéfices en 2020, a proposé une augmentation de 2 %, avec un minimum de 40 euros. Labeyrie, champion du foie gras et du saumon fumé, un milliard de chiffres d’affaires en 2020, ne proposait qu’une prime de production ridicule, sans augmentation générale des salaires.

Chez Labeyrie, ce mépris a déclenché trois semaines de grève, pour arracher finalement une augmentation générale de 2,25 %. Chez Leroy Merlin ou Decathlon et dans des dizaines d’entreprises du pays, notamment dans l’agroalimentaire où les salaires sont bas et où les patrons se sont gavés pendant les périodes de confinement, des travailleurs se sont mis en grève ces dernières semaines, parfois pour la première fois depuis des années. La presse régionale rapporte ces grèves et donne la parole à des travailleurs gagnant 1 300 ou 1 400 euros avec plus de vingt ans d’ancienneté, qui se sentent méprisés et réclament 150 ou 200 euros d’augmentation mensuelle, le minimum pour remplir le chariot et payer l’essence juste pour aller au travail. Jusqu’au journal Le Monde qui a titré le 23 novembre, avec une pointe d’inquiétude : « La colère des bas salaires, les oubliés de la reprise ».

La colère des travailleurs est plus que légitime. On ne peut pas vivre décemment avec moins de 2 000 euros par mois, Castex lui-même a dû le reconnaître. Pour ne pas être poussés vers la pauvreté, les travailleurs n’auront pas d’autre choix que de se battre pour imposer des augmentations immédiates des salaires ainsi que leur indexation sur les prix. Pour l’imposer, une mobilisation générale du monde du travail sera nécessaire, seule façon de changer le rapport de force avec l’ensemble du patronat.

Xavier LACHAU