Présidentielle : la droite dans les poubelles de Zemmour

17 Novembre 2021

Lors de leur second débat, le 14 novembre sur BFM-TV, pour se départager dans la primaire de la droite, les cinq candidats LR ont fait assaut de démagogie anti-immigrés et sécuritaire.

Ainsi, on a pu entendre Valérie Pécresse proclamer que « l’existence même de l’Europe est en jeu » à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie. Fragile Europe de 450 millions d’habitants qui serait menacée dans ses fondements par quelques milliers de réfugiés fuyant la misère et les guerres du Moyen-Orient… Pour ne pas être en reste, Xavier Bertrand a parlé de réduire d’un tiers l’immigration de travail et de moitié celle des étudiants, faisant de ces bras et de ces cerveaux un problème et non pas une richesse. Michel Barnier s’est voulu plus dur, évoquant un arrêt de l’immigration légale dans le cadre d’un moratoire. Quant à Éric Ciotti, tel un roquet qui aboie le plus fort possible pour compenser son infériorité, ce qui le gêne ce sont les bébés qui ne seront pas expulsables plus tard parce que nés en France : il veut en finir avec le droit du sol.

Ces débats à droite pourraient très facilement intégrer Le Pen et Zemmour, on n’y verrait guère de différence. Mais ces réactionnaires avoués ne sont pas les seuls à se pousser toujours plus à droite. Récemment, c’est Arnaud Montebourg qui a voulu s’en prendre aux travailleurs aidant financièrement leur famille restée au pays. Quant à Jean-Luc Mélenchon, il est vrai qu’il a eu de la compassion pour les migrants qui grelottent dans les forêts d’Europe orientale : il veut bien les mettre à l’abri, mais à condition que ce soit en Biélorussie, le plus loin possible de la France, en quoi il ne se distingue pas de la droite et du gouvernement.

Dans ce concours, on ne sait pas à qui décerner la palme de la démagogie et de la bêtise. Pour les cinq concurrents LR, l’inquiétante question du réchauffement climatique mondial n’existe pas, pas plus que la résurgence de la pandémie, et encore moins les problèmes quotidiens des familles populaires confrontées à la hausse des prix. Non, c’est en crachant sur la fraction la plus exploitée de la classe laborieuse, celle qui est privée de nombreux droits et accusée de tous les maux, les immigrés, qu’ils espèrent gagner des voix.

Tristes personnages qui prétendent mener un débat politique mais font penser, comme dans un proverbe napolitain, à ces « coqs perchés sur un tas d’ordures ».

Lucien DÉTROIT