Politiciens en campagne : d’accord pour faire diversion

09 Novembre 2021

Entre les « déjà » candidats, les candidats à la candidature, les « pas encore » ou les « peut-être », bien des politiciens sont en lice pour l’élection présidentielle. Pour gagner des voix, ils se montrent prêts à la pire démagogie, surtout si cela sert à détourner les électeurs des problèmes de fond.

Tous ces politiciens essaient encore de faire croire que leur programme électoral a une valeur et que le sort des classes populaires en dépend. Tout cela pour finir par gouverner exclusivement en fonction des intérêts du grand patronat et des plus riches. Derrière le cirque électoral organisé pour déterminer qui occupera le siège de la présidence de la République, il y a des milliers de hauts fonctionnaires, de diplomates, de généraux, d’officiers de police qui eux ne sont pas élus, parfois pas connus non plus, et qui constituent l’ossature de l’appareil d’État. Comme les politiciens, ils ont été formés dans les grandes écoles de la bourgeoisie et ont appris à gouverner en fonction des besoins de cette classe sociale. Car c’est cette classe qui possède les richesses, qui dirige l’économie et qui est le vrai maître de la société.

Mais, pour accéder à la place, les politiciens, eux, doivent se faire élire. Alors, ils sont prêts à enfourcher les thèmes les plus racoleurs. Depuis que Zemmour a donné le ton en déversant sa bile raciste et délirante, les autres candidats de droite tentent de le concurrencer sur ce terrain. Chacun y va de sa prétendue nouvelle idée contre l’immigration, contre l’insécurité, contre la petite délinquance. Ils pensent que cela peut représenter un dérivatif efficace. Ces idées qui servent à diviser les pauvres ne peuvent qu’être profitables aux riches.

À gauche, ce n’est pas tellement mieux. Montebourg chasse maintenant sur les terres de l’extrême droite, Fabien Roussel est allé manifester avec les policiers qui réclamaient plus de répression, et chacun, quand il parle d’emplois, voudrait faire croire que les ennemis sont les travailleurs des autres pays. Ces candidats se placent ainsi tous sur un terrain nationaliste, celui qui ne fait pas peur au patronat.

Alors que la préoccupation principale d’une majorité de la population est la dégradation du pouvoir d’achat, les candidats font tout pour ne pas montrer du doigt les responsables de la pauvreté qui monte. Parler du pouvoir d’achat nécessite de se demander où prendre l’argent, et il n’est pas question de désigner les incroyables fortunes qui s’accumulent du côté des capitalistes, du grand patronat et des banques. Faire semblant de s’émouvoir de la pauvreté en laissant croire que les taxes et les impôts sont les seuls responsables, passe encore. Mais quand il s’agit de discuter de l’augmentation nécessaire des salaires, et donc de s’en prendre au profit patronal, la plupart se taisent.

C’est d’un programme de lutte dont a besoin le monde du travail pour défendre ses emplois, ses conditions de travail et de salaire, sa vie et celle de ses proches. Et ces luttes devront unir les travailleurs au-delà de leur origine, en les opposant à leurs adversaires, patrons et politiciens serviles.

Marion AJAR