Nos lecteurs écrivent : les tribulations des voyageurs

09 Novembre 2021

Dans la nuit du lundi 1er au mardi 2 novembre, trois trains partis de Clermont-Ferrand dans l’après-midi sont arrivés à Paris-Gare de Lyon, avec des retards de 7 à 12 heures ! Selon la SNCF, tout serait la faute d’un groupe de sangliers inconscients qui se promenaient sur les voies, à proximité de Gien.

Comme un malheur n’arrive pas seul, au moment où le train repartait, la caténaire s’est cassée, preuve que l’entretien régulier de l’équipement ferroviaire n’existe plus, faute de personnel suffisant. Conséquence en chaîne inévitable : deux autres trains ont été mis à l’arrêt, faute d’électricité. Et cela en pleine nuit, sans lumière, dans le froid, pour 1 200 voyageurs. Aucune distribution d’eau ou de nourriture n’a été fournie aux passagers. Il a fallu attendre qu’une rame vide arrive de Melun pour assurer le transbordement.

Ainsi, après un départ à 17 h 30 de Clermont-Ferrand, l’arrivée à Paris-Gare de Lyon s’est effectuée vers 4 heures du matin. Les voyageurs ont observé avec stupéfaction le grand nombre de policiers et de CRS encerclant la gare et mobilisés pour faire taire toute manifestation de mécontentement. Infiniment généreuse, la SNCF a offert alors un bon de 20 euros à chaque voyageur pour payer leur retour à domicile en taxi. Mais, à cette heure de la nuit, il n’y avait évidemment pas suffisamment de taxis disponibles !

De tels retards sur cette ligne Intercités, desservant Riom, Vichy, Moulins et Nevers, n’ont rien d’exceptionnel. Depuis des années, les protestations s’accumulent. Des pétitions avec des milliers de signatures restent sans effet, sans parler des tarifs qui, évidemment, ne diminuent pas. L’État promet une rallonge budgétaire de 130 millions pour améliorer le service, ce qui permettrait, paraît-il, de gagner dix minutes sur le temps de trajet. Mais attention, cette réalisation record ne sera assurée vraiment qu’à partir de 2030 !

Tous les gouvernements ont réduit les budgets publics. Et là, les sangliers n’y sont vraiment pour rien…

Un lecteur de Clermont-Ferrand