Milliardaires philanthropes : charité bien ordonnée…

09 Novembre 2021

À l’occasion de la COP 26, Jeff Bezos vient de promettre un don de deux milliards d’euros et Bill Gates 315 millions d’euros pour des projets liés à la défense de l’environnement. Quant à Elon Musk, il évoque la possibilité de donner six milliards pour la lutte contre la faim dans le monde.

Qu’il s’agisse de coups médiatiques ou de dons réels, dans tous les cas, vu le niveau de la fortune de ces gens-là, ce ne sont que des aumônes… non dénuées d’arrière-pensées. La fortune d’Elon Musk s’élève à 151 milliards de dollars et celle de Bill Gates à 124 milliards de dollars. Quant à Jeff Bezos, l’homme le plus riche du monde, sa fortune a augmenté pendant la crise sanitaire. Ce don de deux milliards ne représente que 3 % de la fortune qu’il a accumulée en un an seulement. Et il n’en est pas à sa première action de charité ! En 2020, il avait déjà versé dix milliards de dollars à une fondation censée défendre le climat. Cela ne l’a visiblement pas appauvri et pas non plus empêché de se payer un vol de quelques minutes dans l’espace en 2021, avec des conséquences sur la pollution autrement plus tangibles que ses belles paroles.

Et surtout ces philanthropes savent depuis longtemps que leurs dons rapportent des exonérations d’impôts conséquentes, quand ils ne rapportent pas directement des bénéfices. La fondation de Bill Gates dispose ainsi d’un capital de 27 milliards d’euros dont elle se sert pour promouvoir des actions dans le domaine de la santé… alors même que Bill Gates possède des parts importantes dans de nombreux trusts pharmaceutiques. On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même !

De toute façon, ces généreux donateurs jouent les philanthropes avec de l’argent qui n’est pas le leur. Car ces fortunes concentrées entre les mains de quelques individus ne sont pas tombées du ciel. Elles proviennent de l’exploitation des 70 757 salariés qui travaillent dans le groupe Tesla pour Elon Musk, de celle des 148 000 salariés du groupe Microsoft pour Bill Gates et de celle de près d’un million de salariés du groupe Amazon pour Jeff Bezos.

Le seul mérite de ces annonces est d’indiquer où sont retenues les richesses, et quels coffres-forts il faut forcer pour régler les problèmes qui se posent à l’humanité.

Joséphine Sina