Hôpitaux : la catastrophe permanente

09 Novembre 2021

Alors que l’épidémie de bronchiolite se développe dans le pays, la rentrée scolaire laisse craindre une évolution encore plus grave.

Avec l’afflux des petits malades, les services de pédiatrie sont débordés et, face à cette maladie qui peut être très grave, puisque les bébés peuvent être victimes de détresse respiratoire, le manque de lits et de personnel est dramatique. 2 280 enfants ont consulté pour bronchiolite aux Urgences dans la seule Île-de-France et 777 ont dû être hospitalisés en pédiatrie générale et en réanimation. Mais, pour tous les hôpitaux de l’AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris), il n’y a que 60 lits de réanimation pédiatrique et 107 lits de soins critiques. Dans le Grand Est, l’épidémie atteint aussi des records.

Le gouvernement met en cause la précocité de l’épidémie, qui aurait trois semaines d’avance. Mais le manque de lits et de personnel qualifié dure depuis des années et c’est quasiment tous les ans que les services de pédiatrie sont débordés. Ainsi en 2019 il avait fallu évacuer une trentaine de nourrissons d’Île-de-France vers la province, avec ce qu’on imagine d’angoisse pour les parents. Et si en 2020 on avait échappé à une épidémie de bronchiolite comme de grippe, semble-t-il comme contrecoup de la pandémie de Covid-19, cette année l’épidémie est bien là, avec son lot de drames.

Alors, comme pour la pandémie de Covid-19, l’hôpital, faute de moyens doit faire preuve de dévouement et d’abnégation, ce dont le personnel ne manque pas. Mais, comme le dit un médecin de l’AP-HP, « on ne va pas rattraper vingt ans de démantèlement des hôpitaux en six mois ». Et la situation en pédiatrie n’est jamais que celle qui existe dans tous les services, dans tous les hôpitaux et cliniques du pays : manque de lits, manque de personnel, manque de moyens. Toutes les mesures, Ségur de la santé et autres, annoncées par le gouvernement ne sont jamais que des cautères sur une jambe de bois. Des mesures d’urgence massives devraient être prises pour embaucher massivement du personnel, donner des raisons aux infirmiers de ne pas quitter l’hôpital. Mais le ministre Véran se pose doctement la question de comprendre pourquoi 1 300 élèves infirmiers ont abandonné leur formation ! Il ne se demande pas pourquoi, sur Parcoursup, les écoles d’infirmiers ne proposent que 34 000 places aux lycéens, qui ont été au moins le double à avoir postulé en juin 2021. Alors, les vocations ne manquent pas pour devenir médecin, infirmier, aide-soignant mais ce sont les gouvernements qui depuis des décennies s’emploient à détruire le système de santé.

Cédric DUVAL