Bourse : à tombeau ouvert

09 Novembre 2021

Le CAC 40, le principal indice de la Bourse de Paris, a battu son record historique qui datait de 2000. Il a grimpé de plus de 40 % sur la seule année 2021. Les indices des autres Bourses mondiales battent également des records.

Cet indice est basé sur le cours des actions des quarante entreprises françaises ayant les plus importantes capitalisations boursières : LVMH, Sanofi, TotalEnergies, Stellantis, etc.

Des journalistes s’en réjouissent, en expliquant que c’est le signe du retour de la croissance économique. C’est regarder la réalité avec des lunettes qui inversent les couleurs. La seule croissance est celle des fortunes des capitalistes, qui est faramineuse, mais que ceux-ci n’investissent que dans la spéculation financière. D’où ces records boursiers.

Non seulement cette spéculation ne crée pas de richesses, mais la fortune des spéculateurs provient de la guerre qu’ils mènent aux classes populaires.

La spéculation sur les actions traduit la confiance des capitalistes dans le fait que les grandes entreprises vont continuer à aggraver l’exploitation.

L’action de l’entreprise automobile Stellantis a ainsi vu son cours augmenter de 45 % depuis sa création, par la fusion des groupes PSA et Fiat-Chrysler, en janvier 2021. Pendant la même période, sa direction n’a cessé d’augmenter la charge de travail dans ses usines, et aussi dans celles des entreprises sous-traitantes. Le sous-effectif a énormément progressé. 12 000 suppressions d’emplois ont été programmées en Italie. La direction a programmé la fermeture de l’usine de Douvrin en France, et menace de fermer celle d’Eisenach en Allemagne.

L’action du groupe de luxe LVMH a également grimpé de presque 50 % en 2021. Ce groupe a supprimé 13 000 emplois depuis le début de l’épidémie de Covid.

L’épidémie d’emplois supprimés et l’aggravation de l’exploitation ne sont pas la seule catastrophe alimentée par la spéculation. Celle-ci rend également de plus en plus grave la menace d’un nouveau krach boursier, comme celui qui avait ravagé les conditions de vie de millions de travailleurs en 2008.

Thomas Baumer