Travailleurs sans papiers : premiers reculs patronaux

03 Novembre 2021

En grève depuis le 25 octobre pour réclamer leur régularisation dans différentes villes, à l’initiative de la CGT, les travailleurs sans-papiers ont obtenu quelques avancées, même si pour l’instant ce ne sont que des promesses.

Mal payés, surexploités parce qu’ils n’ont pas de titre de séjour et risquent d’être renvoyés du jour au lendemain dans leur pays d’origine, ces travailleurs occupent les emplois les plus pénibles et dangereux, que ce soit dans la restauration, les entreprises de propreté, les livraisons à domicile, le bâtiment ou les agences d’intérim. Pendant le confinement du printemps 2020, les médias hypocrites avaient salué ces « héros de l’ombre », qui avaient continué leur travail dans des secteurs essentiels au fonctionnement de la société, malgré le risque d’être contaminés par le Covid. Mais ils étaient restés muets sur les pertes de salaire occasionnées pour ceux qui, privés de contrats d’embauche, ne pouvaient avoir droit au chômage partiel, ou ceux qui ont purement et simplement perdu leur emploi à la fermeture de leur entreprise.

Mais, d’un autre côté, les périodes de chômage technique leur ont donné l’occasion de se rassembler, de tisser des liens par-delà les corporatismes et, pour finir, de se retrouver autour de revendications et d’actions communes pour tenter de faire plier les patrons qui les exploitent. Ils réclament que ceux-ci leur fournissent les documents indispensables pour qu’ils puissent faire une demande de régularisation auprès des autorités. Ils vivent et travaillent en France depuis des années, ils y paient des impôts, ils cotisent auprès des caisses d’assurance maladie et de retraite mais, tant que leur employeur refuse de leur fournir la preuve qu’ils travaillent dans leur entreprise, ils ne peuvent prétendre ni à y rester ni à avoir les mêmes droits que l’ensemble des travailleurs.

En région parisienne, la lutte des sans-papiers a commencé à payer et plusieurs entreprises se sont engagées à fournir les documents demandés. Ce n’est qu’un premier pas, bien sûr, mais, vu la détermination des grévistes, il est certain qu’ils n’en resteront pas là.

Marianne LAMIRAL