Total : secrets et mensonges

03 Novembre 2021

D’après une étude parue dans la revue scientifique Global Environmental Change, les dirigeants des trusts français du pétrole Total et Elf, qui ont fusionné en 1997, savent depuis près de cinquante ans que leur activité d’exploitation des énergies fossiles est « potentiellement catastrophique » pour le réchauffement climatique.

C’est ce qu’écrivait un géographe dès 1971 dans un document interne de Total. Mais, comme on peut s’en douter, pendant des années les dirigeants de ce trust ont préféré taire cette information et toutes celles qui allaient dans ce sens, tant elles étaient contraires à leurs intérêts.

Puis, à partir de la fin des années 1980, lorsque le danger de réchauffement climatique a commencé à devenir un sujet d’actualité et qu’il ne pouvait plus être caché, ces compagnies pétrolières ont changé de stratégie.

Elles ont alors participé activement à « l’effort de fabrique stratégique du doute », une politique menée au niveau mondial par les principaux groupes pétroliers des pays riches, comme ExxonMobil, BP ou Shell. Cette politique visait à retarder toute action de réduction des émissions de gaz à effet de serre, en soutenant systématiquement les travaux et les enquêtes assurant que ce n’était pas sûr que le dioxyde de carbone ait un impact sur le réchauffement du climat.

Si les faits dénoncés par cette étude sont révoltants, ils n’ont rien d’étonnant dans une société où le moteur de l’économie est le profit. Après l’amiante, l’essence plombée, le diesel, le tabac et les médicaments dangereux, etc., cela ne fait qu’allonger la longue liste de scandales où des capitalistes, qui vendaient des marchandises toxiques en toute connaissance de cause, et ont financé des campagnes et des publications affirmant le contraire, quand ils n’ont pas carrément acheté des scientifiques.

Cette affaire sent donc doublement le réchauffé !

Arnaud LOUVET