Médecins étrangers : indispensables et poussés dehors !

03 Novembre 2021

Pour faire face au manque criant de personnel médical, les hôpitaux font appel depuis des années à des médecins diplômés d’un pays étranger.

D’après l’Ordre des médecins, ils sont 22 568, dont 45 % sont diplômés d’un pays de l’Union européenne. Les 55 % diplômés d’autres pays, notamment du Maghreb ou d’Afrique, sont environ 15 000.

Avec la crise du Covid, leur activité au sein des hôpitaux au bord du gouffre est devenue encore plus essentielle. D’autant plus que bien souvent ils pallient le manque de médecins en anesthésie-réanima- tion, radiologie, urgences, etc., des secteurs sinistrés car désertés par les médecins à diplôme français qui choisissent d’exercer dans le secteur privé. Mais ces médecins sont embauchés en tant que « faisant fonction d’interne » (FFI), « attachés ou assistants associés ». Ce statut précaire est synonyme d’une rémunération plus faible et d’horaires à rallonge. Et c’est sans compter, au-delà de ces médecins étrangers, les infirmières et infirmiers, ou les pharmaciens et pharmaciennes étrangers, dans une situation aussi difficile car leur statut est encore inférieur à celui des médecins.

Leur situation déjà peu enviable risque de devenir catastrophique avec la mise en application d’un nouveau statut des médecins étrangers diplômés d’un pays hors de l’Union européenne, qui a été voté en juillet 2019. Au 1er janvier 2023, ces médecins étrangers diplômés d’un pays hors Union européenne ne pourront travailler qu’à condition de justifier de deux ans de travail hospitalier entre le 1er janvier 2015 et le 30 juin 2021. Sinon, ils devront passer un examen très sélectif.

Au moment où ces médecins sont absolument indispensables dans les hôpitaux, Véran n’hésite pas à les pousser dehors, poursuivant ainsi sa politique de casse de la santé. Il méprise leurs revendications, comme d’ailleurs celles de tout le personnel de santé.

Cédric DUVAL