Inflation : tout augmente… sauf les salaires !

03 Novembre 2021

« L’indice des prix harmonisé », utilisé pour comparer l’évolution des prix d’un pays à l’autre, indiquait en septembre une hausse des prix de 2,7 % en France, sur un an.

Fin octobre, cette hausse est déjà passée à 3,2 % : même d’après les statistiques officielles, l’inflation s’accélère.

Les experts de la bourgeoisie admettent maintenant que l’inflation continuera au moins jusqu’à la fin de l’année prochaine. Elle touche tous les pays : + 3,1 % sur un an au Royaume-Uni, + 4,5 % en Allemagne, + 5,4 % en Espagne et aux États-Unis. Elle affecte les produits de consommation courante, des assurances aux produits frais (viande, poisson, légumes…). Le prix des matières premières aussi a explosé au cours des derniers mois (PVC, acier, bois, cuivre…), des augmentations que les entreprises s’apprêtent à répercuter sur les consommateurs. Le prix du pain pourrait lui aussi augmenter. Après le chèque énergie et le chèque carburant, aura-t-on droit aussi à un chèque baguette, financé par des fermetures de classes et de lits dans les hôpitaux ?

« La hausse des prix sera brutale », prophétise désormais Jacques Attali, qui végète depuis quarante ans dans les coulisses du pouvoir. « La poussée d’inflation sera plus longue que prévu », « elle pourrait réduire le pouvoir d’achat », renchérit Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne.

Et tous de prétendre que, s’il est normal que le patronat défende ses bénéfices en augmentant ses prix de vente, le monde du travail devrait être le seul à ne pas exiger d’augmentation au motif… que cela pourrait provoquer de l’inflation ! Dans les circonstances actuelles, il faut oser.

Ce ne sont pas les travailleurs qui font gonfler les prix. Ils n’ont aucune responsabilité dans le chaos qui règne dans l’économie capitaliste. Ils n’ont pas à accepter d’en faire les frais. L’exigence de la hausse générale des salaires, des pensions, des allocations et de leur indexation sur le coût de la vie est totalement légitime. Elle constitue la seule revendication susceptible de protéger les conditions de vie des travailleurs et des classes populaires face à l’offensive de la bourgeoisie et du gouvernement à son service.

Sacha Kami