Covid-19 : les ravages de la pandémie

03 Novembre 2021

Selon le cumul des chiffres officiels fournis par chaque pays, le Covid-19 aurait fait plus de cinq millions de morts dans le monde. En réalité, ce chiffre est totalement sous-estimé. En prenant en compte la surmortalité, des spécialistes estiment qu’environ 17 millions de personnes seraient mortes à cause de la pandémie de coronavirus.

En France, le nombre officiel est de 120 000 morts. 30 000 personnes sont mortes lors de la première vague, au moment du premier confinement. Et 90 000, trois fois plus, sont mortes après. En effet, de l’automne 2020 jusqu’au début de l’été 2021, la mortalité en France due au Covid-19 n’est jamais vraiment retombée. Au bilan, c’est une véritable hécatombe. Et combien de morts recensés officiellement comme dus au cancer ou à d’autres maladies faudrait-il mettre en réalité sur le compte du coronavirus, parce que le système de santé a été débordé ? Plutôt que de donner de nouveaux moyens aux hôpitaux, de former et embaucher des dizaines de milliers de soignants supplémentaires, le gouvernement a préféré user jusqu’à la corde ceux qu’il avait sous la main. Voilà ce qui s’est passé dans un des pays les plus riches de la planète, doté d’un système de santé réputé efficace. Cela laisse imaginer ce qui s’est passé dans les pays pauvres.

Lutter contre le Covid-19 passe assurément par la vaccination de la population mondiale. Mais si, dans les pays riches, cette vaccination a fini par se mettre en place, ce n’est pas du tout le cas dans les pays les plus pauvres. D’après un communiqué publié le 21 octobre par l’ONG Oxfam, les États des pays riches n’ont livré à ce jour que 261 millions de doses du vaccin contre le Covid, sur les 1,8 milliard qu’ils avaient promises aux pays pauvres, soit à peine 15 %. Avec 13,4 millions de doses livrées sur 120 millions promises, la France se situe même en dessous de cette moyenne.

Quant à Covax, qui est un partenariat mis en place par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour aider les pays pauvres à avoir accès aux vaccins anti-covid, selon le même communiqué, il n’a reçu que 120 millions de doses, sur les 994 millions que les trusts pharmaceutiques s’étaient engagés à lui fournir, ce qui représente à peine 12 %. Comme l’a déclaré une représentante d’Oxfam : « Ces entreprises limitent artificiellement l’offre et elles accordent toujours la priorité à leurs clients riches. » Dans les pays pauvres, la situation vaccinale est catastrophique. En Afrique, seulement 5 % de la population est vaccinée.

Bien sûr, tous les dirigeants des pays riches savent que l’éradication du Covid-19 ne pourra être réalisée qu’au niveau mondial et que, plus on attend pour vacciner, plus on risque de voir apparaître des virus mutants, rendant les vaccins actuels inopérants ou réduisant leur efficacité. Pour gagner cette course de vitesse, il faudrait commencer par imposer aux trusts pharmaceutiques de produire massivement les doses nécessaires, de les vendre à prix coûtant, et de faire passer dans le domaine public les brevets et les technologies liées à ces vaccins. Mais des mesures de ce genre, les gouvernements du monde entier viennent de montrer qu’ils étaient incapables de les prendre. Fondamentalement, ils sont soumis aux intérêts des grands groupes capitalistes.

Arnaud LOUVET