Contrat engagement : Macron se moque des jeunes

03 Novembre 2021

Finalement, Macron a sorti de son chapeau le « contrat engagement jeune ». Il en parlait depuis des mois, mais le gouvernement n’arrivait pas à se mettre d’accord sur cette mesure, avant tout démagogique et électoraliste.

Face au chômage et à la précarité qui frappent des centaines de milliers de jeunes, Macron voulait faire semblant de trouver une solution. Il promet donc qu’à partir du 1er mars 2022, 400 000 jeunes entre 16 et 25 ans, sans revenu, sans travail et sans formation, pourront toucher, sous certaines conditions, une allocation pouvant aller jusqu’à 500 euros, en échange d’une formation ou d’un accompagnement. Tout est flou dans cette annonce faite sur Facebook, y compris la durée de cette allocation. En revanche, le titre de l’annonce a été longuement peaufiné pour ne pas donner l’impression d’avoir accepté un « RSA jeunes » et pour ne pas non plus prêter le flanc aux critiques de réactionnaires qui voient en chaque jeune un fainéant en puissance.

Macron avait déjà lancé en 2020 la formule « un jeune, une solution », qui était censée permettre à des jeunes de trouver un emploi. En réalité, elle avait permis à de nombreux patrons de toucher des aides pour prendre des apprentis. Et cela n’a pas fait baisser le chômage des jeunes, ni la pauvreté qui l’accompagne.

Toutes ces mesures, au-delà de la démagogie et de la nécessité de faire des promesses en période électorale, ne sont que du vent, sauf pour ceux des patrons qui touchent les aides associées. Car, pour lutter contre le chômage des jeunes, et contre celui qui frappe toute la classe ouvrière, il faudra s’en prendre aux capitalistes.

Le chômage n’est pas dû à un manque de formation, ou à des règles administratives trop strictes. Il est dû à la volonté des capitalistes de faire payer la crise aux travailleurs, en accroissant la productivité du travail et l’exploitation. Les patrons se servent du chômage comme d’une arme dans leur guerre sociale. C’est une arme pour faire baisser les salaires, pour augmenter le temps de travail, les cadences, pour accroître leurs profits et aussi pour mettre en concurrence les travailleurs. Les jeunes travailleurs en sont les premières victimes, car ils ne trouvent pas d’emplois ou sont soumis à la violence de la précarité, des contrats d’intérim, des contrats pro, etc.

Mais, en faisant l’apprentissage direct de l’exploitation capitaliste, la jeunesse ouvrière sera aussi armée pour s’engager dans la lutte contre ceux qui veulent que son avenir ressemble au passé.

Marion AJAR