Chômage : fausse baisse, vraie précarité

03 Novembre 2021

Le gouvernement se félicite des derniers chiffres du chômage, avec une baisse du nombre de chômeurs sans aucune activité (catégorie A) de 5,5 % au troisième trimestre 2021. D’après lui, ce serait la preuve que l’économie repart.

En réalité, si le nombre de chômeurs de catégorie A a diminué, le nombre d’inscrits dans les catégories B et C, c’est-à-dire ceux qui ont une activité réduite, a augmenté. Certains chômeurs qui ne travaillaient pas du tout ont donc retrouvé un emploi, mais souvent très précaire. Les patrons multiplient les contrats d’intérim de plus en plus courts, de quelques semaines ou même quelques jours. Ils veulent des travailleurs utilisables en fonction de leurs besoins. Au total, le nombre de chômeurs des catégories A, B et C a un peu diminué depuis cet été mais reste massif, à 5,87 millions, DOM et TOM compris, c’est-à-dire un niveau supérieur à celui d’avant la crise sanitaire.

D’autre part, une partie des travailleurs en CDI se voient eux aussi imposer une activité réduite, avec le chômage partiel et, le plus souvent, une baisse de salaire. Fin août, presque un demi-million de travailleurs subissaient encore du chômage partiel, notamment dans l’aéronautique, l’hébergement et la restauration, le spectacle, mais aussi dans l’automobile, avec les usines arrêtées par la pénurie de semi-conducteurs. Les patrons peuvent ainsi faire travailler certains jours avec des cadences record, et mettre les travailleurs au chômage dès qu’ils le décident, en faisant payer les salaires par l’État.

Ce que montrent en fait les statistiques officielles, c’est la poursuite de l’évolution qui conduit vers des emplois de plus en plus précaires, au bon vouloir des patrons.

Hélène COMTE