Calais : le sort indigne des réfugiés

03 Novembre 2021

Cela fait cinq ans que, sous la présidence de Hollande, le grand camp de 10 000 réfugiés installé sur la lande, aux abords de Calais, a été démantelé par la police. Depuis, la situation des exilés n’a fait qu’empirer. Aujourd’hui, les démantèlements de mini-camps ont lieu toutes les 24 et 48 heures.

Les distributions de repas mises en place par les humanitaires, en dehors de celles effectuées par les autorités, sont désormais interdites. L’État français organise la chasse à l’homme contre ceux qui tentent toujours désespérément de gagner l’Angleterre. Ils tentent encore le périple par le tunnel sous la Manche, alors qu’il est devenu beaucoup plus difficile à cause de l’armada déployée contre eux, en se cachant dans les camions, comme l’a montré début octobre la découverte de dix-sept réfugiés vietnamiens dans une remorque. Ils tentent également de s’infiltrer dans les camions qui embarquent sur les ferries, au péril de leur vie : plusieurs jeunes exilés sont morts récemment, écrasés accidentellement. Mais surtout, depuis un an, ils sont de plus en plus nombreux à tenter la traversée sur des embarcations de fortune : par exemple, 1 600 d’entre eux ont été secourus dans la Manche le week-end du 10 octobre.

Depuis le 11 octobre, un prêtre du Secours catholique et deux humanitaires ont entamé une grève de la faim pour protester contre la traque policière dont sont victimes les réfugiés sur le littoral du Nord-Pas-de-Calais. Ils demandent une suspension des expulsions et des démantèlements et l’arrêt des confiscations des tentes et effets personnels des migrants pendant la trêve hivernale. Ils réclament l’ouverture d’un dialogue avec l’État sur la mise en place de points de distribution de produits de première nécessité.

Ces grévistes ont eu le soutien de tous ceux qui sont révoltés par la chasse aux migrants. Leur action a été relayée médiatiquement. De ce fait, le ministère de l’Intérieur a décidé d’envoyer auprès des grévistes de la faim et des associatifs un médiateur, qui est un des acteurs de la destruction du bidonville de la lande ! C’est dire les réponses auxquelles on peut s’attendre. Le gouvernement est pris entre deux feux. D’une part, il veut éviter le scandale que représenterait la mort d’un curé de 74 ans dans son église. D’autre part, en s’en prenant aux réfugiés, pauvres parmi les pauvres, il chasse des voix sur le même terrain que Le Pen et Zemmour.

Face aux frontières inhumaines et aux matraques policières, il faut exiger la liberté d’installation et de circulation.

Correspondant LO