Bronchiolite : la pédiatrie asphyxiée

03 Novembre 2021

L’épidémie de bronchiolite en cours révèle, une fois de plus, qu’aucun des services de l’hôpital public n’est épargné par le manque de moyens.

Le collectif inter-hôpitaux dénonce le fait que des enfants en situation d’urgence ne peuvent être pris en charge, faute de place. À l’hôpital Necker, à Paris, 20 % des lits en pédiatrie sont fermés. Au CHU de Bicêtre, où seuls quatorze lits sur vingt-quatre sont disponibles, cinq enfants en urgence vitale n’ont pu être accueillis et vingt-cinq hospitalisations ont été déprogrammées. À Rennes, des soignants déplorent que des nourrissons quittent les Urgences alors que leur état nécessiterait de les garder sous surveillance, quand d’autres, à Versailles, sont hospitalisés dans des lits officiellement fermés, faute de personnel pour s’en occuper.

Cette situation catastrophique est antérieure à la crise du Covid. À l’automne 2019 déjà, vingt-deux jeunes patients avaient dû être transférés vers des hôpitaux de province, faute de place en Île-de-France. Une tribune parue dans la presse et signée par plus de 2 000 soignants avait alerté sur le fait que les conditions de sécurité n’étaient plus réunies.

Aujourd’hui, le gouvernement justifie cette situation calamiteuse par la précocité de l’épidémie de bronchiolite. Mais, si elle était survenue plus tard, le sous-effectif aurait été le même, avec les mêmes conséquences dramatiques.

David Mencas