“Reforger une conscience de classe”

27 Octobre 2021

D’Angers à Cholet en passant par la Roche-sur-Yon, la candidate de Lutte ouvrière à la présidentielle a effectué une série de rencontres avec les militants et sympathisants qui s’est conclue, dimanche 24 octobre, avec le public de la fête de Reims.

À la réunion de Cholet, des travailleurs de Michelin ont souligné que le matin à l’usine, la prime de 100 euros annoncée la veille par Castex était le sujet numéro un des discussions. Dans cette usine où les travailleurs arrivent tout juste à un salaire de 1 400 euros en travaillant en 3x8, elle était ressentie comme une provocation. Un ouvrier a remarqué : « Tout le monde était unanime sur le fait que ce n’est pas ça qu’il nous faut pour sortir du rouge. En même temps, le chantage à la fermeture de l’usine si on augmente les salaires marche un peu. »

Cette question est également revenue dans le débat à La Roche-sur-Yon, où la démoralisation ambiante a été évoquée par plusieurs participants. L’un d’eux a fait part de la division entre ses camarades de travail et de la peur qui « bride la révolte ». Une camarade auxiliaire de vie lui a répondu : « Quand on a un tout petit salaire et qu’on est dans le rouge tous les mois, on a peur. Moi aussi j’ai peur, comme tout le monde. Ce qui empêche de se battre, ce n’est pas la peur, c’est le manque d’espoir, le manque d’objectifs. C’est ça qu’on doit apporter. »

À Angers, sur ce même thème, une ancienne ouvrière, ayant participé à tous les combats contre la fermeture de l’usine et les licenciements, a répondu : « Moi, je ne rêve que de grèves. Parce que, quand on est en grève, on change, on comprend des choses. Et ce n’est quand même pas si vieux. Il faut remettre de la politique dans nos grèves. Quand on est vraiment dans son mouvement, ça marque pour la vie. »

Cette question des objectifs politiques de la classe ouvrière, de la conscience de classe à retrouver, est revenu dans toutes les rencontres. Durant le débat de la fête de Reims, à un participant qui se demandait « comment se rassembler pour avoir des idées nouvelles », Nathalie a répondu : « Je ne cherche pas d’idées nouvelles. La classe ouvrière a une longue histoire derrière elle qui nous indique la voie à suivre aujourd’hui. Quand la classe ouvrière a-t-elle avancé ? Quand elle avait des outils de classe, un parti révolutionnaire, et certainement pas quand elle a suivi la voie du rassemblement autour d’un candidat de gauche. Remettre un jeton dans la machine du vote utile, cela nous retarde, cela nous dévie du véritable combat à mener. »