Martinique : contre le passe sanitaire et les sanctions

27 Octobre 2021

Lundi 25 octobre, plus d’un millier de personnes ont manifesté durant toute la matinée dans les rues de Fort-de-France, en Martinique.

L’intersyndicale de la santé, regroupant les syndicats des salariés de la santé, publics et privés, et aussi des associations d’infirmières et d’infirmiers libéraux et de sages-femmes, avait lancé un appel à la mobilisation générale contre l’obligation vaccinale, le passe sanitaire et contre les sanctions. Ils réclament aussi l’ouverture d’une médiation avec le directeur du CHUM, celui de l’ARS et le préfet.

La détermination des soignants a été renforcée par les multiples réactions de soutien venant de la population, suite à l’intervention musclée des gendarmes et à la riposte des soignants sur le parking du CHU vendredi 15 octobre. Des défilés de soutien des chauffeurs de taxi, des motards, des pompes funèbres, des pompiers ou des salariés d’EDF se sont succédé autour de l’hôpital. La mobilisation sur le site a été renforcée aussi par les prises de parole de travailleurs, de pompiers, d’ouvriers du bâtiment et de la métallurgie. De nombreux communiqués venant de salariés d’Odyssi, de la Sécurité sociale, sont aussi parvenus aux salariés en lutte.

Samedi 23 octobre, lors du rassemblement de plusieurs centaines de travailleurs à la Maison des syndicats, un collectif de dix avocats a décidé de soutenir activement les soignants. Il a annoncé avoir déposé une plainte contre X auprès du procureur pour la mauvaise gestion de la crise Covid.

Le lundi 25 octobre était le jour même de la mise en application sur leur lieu de travail du contrôle de la première injection du vaccin pour les soignants. Des groupes de soignants sont arrivés à la Maison des syndicats tôt le matin, le plus souvent en blouse blanche. Ils venaient du CHU, de cliniques, de pharmacies, de centre de soins pour handicapés, etc. Ils sont venus parfois en famille, avec conjoints ou enfants. Ils partageaient les témoignages sur les menaces faites par leurs employeurs, certains leur ayant carrément dit : « Ce n’est pas la peine de venir au boulot ce matin. » Mais surtout, devant le grand nombre de personnes présentes, ils reprennent force et se disent : « On arrivera à les faire reculer ». Des travailleurs d’EDF en grève sont venus rejoindre la manifestation. La manifestation dynamique du 25 s’est terminée sur le parc de la Savane par des prises de parole.

Les mobilisations se poursuivent.

Marianne TIBUS