Hidalgo : candidate d’un PS déliquescent

27 Octobre 2021

Anne Hidalgo, la maire de Paris, a été désignée officiellement samedi 23 octobre candidate du Parti socialiste pour l’élection présidentielle. Mais, que ce soit à gauche ou ailleurs, il y a peu de chance que cela suscite le moindre espoir.

Même le secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, n’a pas pu s’empêcher de déclarer : « j’espère que notre candidate ira jusqu’au bout. »

Les raisons du discrédit du Parti socialiste ne tiennent pas à la personnalité de sa candidate, elles sont bien plus profondes. À l’origine, il y a plus de cent ans, le PS était un parti ouvrier. Mais cela fait bien longtemps qu’il ne cherche plus à défendre les intérêts des exploités. Pendant des dizaines d’années, il a prétendu qu’il pouvait gouverner en améliorant les conditions de vie des travailleurs. Mais à chaque fois qu’il a dirigé – sous Mitterrand, Jospin ou Hollande – il a, de fait, servi les intérêts du grand patronat et attaqué la condition ouvrière.

Ses passages au pouvoir ont écœuré ses électeurs et ses militants, et en premier lieu ceux du monde ouvrier. Les autres partis de gauche qui l’ont soutenu et ont parfois gouverné avec lui ont subi le même discrédit. Pour le Parti communiste qui avait un électorat plus ouvrier, le discrédit a été plus fort encore. Et aujourd’hui, bien des travailleurs qui se sentent de gauche doivent être catastrophés de voir que ceux qui tiennent désormais le haut du pavé du monde politicien sont les défenseurs affichés du capitalisme comme Macron, ou des démagogues d’extrême droite comme Le Pen ou Zemmour.

Mais ce monde politicien n’est qu’un reflet déformé de la réalité, un théâtre qui vise à masquer la lutte de classe. Il est fait pour détourner les aspirations des travailleurs et les obliger à se ranger derrière tel ou tel grand candidat susceptible de gagner, alors que tous ces vainqueurs potentiels gouverneront dans le sens des intérêts de la bourgeoisie.

Alors, ce qu’il y a de mieux à faire est de se préparer à la lutte de classe et aux combats à venir, que la crise économique, sociale et politique va obligatoirement mettre à l’ordre du jour. Non pas en cherchant quel dirigeant politique bourgeois serait le moins nocif pour la classe ouvrière, mais en votant pour faire entendre clairement les intérêts du monde ouvrier.

Pierre ROYAN