Suppression de l’ISF : les riches se sont rempli les poches

20 Octobre 2021

France Stratégie, un organisme d’évaluation des politiques publiques rattaché à Matignon, vient de publier un rapport sur l’impact de la suppression de l’impôt sur la fortune.

Dès son arrivée au pouvoir, Macron avait supprimé l’ISF, remplacé par l’IFI (impôt sur la fortune immobilière), ce qui était tout à l’avantage de la bourgeoisie, dont l’immobilier ne constitue pas, en général, l’essentiel de la richesse. D’autre part le PFU (prélèvement forfaitaire unique) limitait à 30 % l’impôt sur le capital. À l’époque, le gouvernement expliquait que les riches, libérés de cet impôt qu’il disait écrasant, investiraient l’argent ainsi économisé dans les entreprises, et créeraient des emplois.

Le rapport de France Stratégie contredit cette fable. Pour ce qui est de l’impôt qualifié d’écrasant, le rapport précise même que l’ISF égratignait à peine les plus riches et représentait à peine 0,12 % du patrimoine, y compris professionnel, des quatre cents plus grandes fortunes.

Depuis la suppression de l’ISF, les entreprises ont versé davantage de dividendes à leurs actionnaires, puisque ceux-ci étaient moins taxés.

Mais, contrairement à ce qu’affirmait le gouvernement, ces dividendes supplémentaires n’ont pas été investis par les actionnaires dans leurs entreprises. Cet argent supplémentaire a-t-il servi à la spéculation, à des achats de luxe ? Le rapport ne le dit pas.

Le gouvernement prétendait aussi que supprimer l’ISF éviterait que les riches ne quittent la France pour payer moins d’impôts. En fait, seuls quelques dizaines de foyers supplémentaires, à comparer aux 130 000 foyers assujettis à l’ISF, sont revenus payer leurs impôts en France.

La suppression de l’ISF avait beaucoup choqué dans les milieux populaires, et avait valu à Macron son surnom de « président des riches ». Dans les manifestations des gilets jaunes, beaucoup revendiquaient son rétablissement. Macron s’était alors engagé à évaluer les résultats de cette politique. Ceux-ci n’allant pas dans le sens espéré, le ministère de l’Économie affirme maintenant que l’impact se verra à terme.

Avec ou sans justification, le gouvernement continue à couvrir les capitalistes de cadeaux.

Hélène COMTE