Passe sanitaire : des milliers de travailleurs privés de salaire

20 Octobre 2021

Alors que le gouvernement a mis en discussion le 19 octobre à l’Assemblée nationale une loi l’autorisant à prolonger jusqu’en juillet 2022 les mesures sanitaires, parmi lesquelles le passe, le couvre-feu et le confinement éventuels, des milliers de travailleurs sont toujours suspendus de leurs fonctions, privés de salaire et des moyens de faire vivre leur famille.

Si le gouvernement est très fier des résultats de la vaccination et communique largement sur le nombre de doses injectées, il est moins disert sur le nombre de travailleurs sanctionnés. Le 16 septembre, Véran parlait de « 3 000 suspensions de soignants en France » sur un effectif de 2,7 millions, un chiffre très certainement loin de la réalité puisqu’au 14 octobre, rien qu’en Île-de-France, sur près de 400 000 travailleurs de la santé, 1 400 étaient suspendus. Les suspensions dans le secteur de la santé pourraient donc s’approcher de 10 000 pour l’ensemble de la France, sans compter les démissions, par milliers, ni les milliers d’arrêts maladie qui permettent aux non-vaccinés de continuer à percevoir leur salaire sans avoir à présenter un passe sanitaire.

Mais les soignants ne sont pas les seuls concernés. Dans nombre d’entreprises accueillant du public, dans les infirmeries de sites industriels, chez les pompiers, des salariés ont été privés de leur revenu avec le même prétexte. En France, le taux de vaccination varie de 85 % à 90 % pour ceux qui sont en âge de travailler, entre 18 et 65 ans. Entre trois et quatre millions de travailleurs ne sont donc pas vaccinés, parmi lesquels des chômeurs, des travailleurs indépendants, des travailleurs de l’industrie, sans doute, mais certainement aussi des dizaines de milliers de salariés des secteurs où le passe sanitaire est imposé.

Si le vaccin est un moyen de combattre le Covid, le passe sanitaire et l’obligation vaccinale sont des moyens qu’utilisent le patronat et les directions des établissements de santé contre leur personnel. C’est une façon de se décharger de leurs responsabilités en matière de santé publique en montrant du doigt les non-vaccinés comme responsables de la prolongation de la pandémie. Même quand il s’agit de lutte contre la pandémie, c’est un gouvernement de combat au service des patrons et des possédants qui est à la manœuvre.

Serge BENHAM