Nucléaire ou éoliennes : mix énergétique et salades électorales

20 Octobre 2021

Devant la hausse continue des prix de l’énergie, chaque candidat à la gestion des affaires du pays se doit de dire comment il compte obtenir du courant électrique en quantité suffisante et à des prix abordables.

Le débat fait donc rage entre les partisans du nucléaire et ceux qui veulent en sortir, tout de suite, plus tard ou un jour, entre les semeurs d’éoliennes et les défenseurs du paysage, entre les tenants du panneau solaire et ceux de la centrale nucléaire de village, voire de pavillon.

Il n’y a pas lieu de croire les candidats présidents là-dessus plus que sur le reste : arrivés au pouvoir, ils feront ce que les intérêts du grand patronat commanderont. Ils mettent tous en avant par exemple une illusoire et quasi mythologique indépendance énergétique du pays.

Cette indépendance serait assurée par le nucléaire ou le renouvelable, exploités à l’intérieur des frontières, alors que le gaz et le pétrole des centrales thermiques sont des produits d’importation. Mais des produits aussi complexes qu’une centrale nucléaire ou un champ d’éoliennes sont le résultat de la collaboration d’ouvriers du monde entier, à commencer par ceux qui extraient l’uranium ou les métaux rares au cœur de l’Afrique. De plus et surtout, la gestion rationnelle de la production et de l’acheminement de l’énergie ne peut s’envisager qu’à l’échelle de la planète. Il y a longtemps, par exemple, qu’EDF travaille pour un réseau électrique européen interconnecté et plus longtemps encore que Total étend ses affaires au monde entier. L’indépendance énergétique n’est pas un programme économique, c’est un outil de propagande politique visant à ranger la population derrière l’État et les possédants, un outil du même ordre que la xénophobie et le nationalisme.

L’argument de la pollution et de la lutte contre le réchauffement, que les uns et les autres se jettent à la figure, n’a pas plus de consistance. Le nucléaire serait moins polluant que le reste… si l’on excepte les catastrophes comme Fukushima et le fait qu’on ne sait toujours pas traiter les déchets de combustion ni vraiment déconstruire les centrales hors d’usage. Les éoliennes, les panneaux solaires et autres fétiches des écologistes sont-ils moins polluants ? On saura peut-être un jour comment sont extraits les métaux dont ils sont faits, dans quelles conditions pour les travailleurs et avec quelles conséquences écologiques. L’expérience de l’exploitation capitaliste du charbon et du pétrole, les morts au travail, les pollutions innombrables, n’ont pas de quoi rendre optimiste malgré les assurances des promoteurs des énergies dites renouvelables.

La question est donc moins dans le système énergétique que dans le système social. La production d’énergie est soumise à la course au profit, une course qui se déroule qui plus est entre les plus grands trusts et à l’échelle de la planète. Les États, loin de réguler, de planifier ou de prévoir quoi que ce soit, se bornent à favoriser leurs champions, comme la France le fait pour Total, Engie, etc. Et, lorsqu’ils font mine de se préoccuper d’avenir de la planète, cela se résume à des subventions captées par les plus grands trusts. Total et EDF ne sont-ils pas parmi les premiers investisseurs dans l’éolien ?

Paul GALOIS