CHU de Martinique : la révolte des agents

20 Octobre 2021

Vendredi 15 octobre, cinq fourgons de gendarmes mobiles et policiers ont surgi sur le parking du CHU Martinique à Fort-de-France.

Ces forces de répression se sont déployées aux différentes entrées de l’hôpital pour interdire l’accès à toute personne qui ne serait pas en possession d’un passe sanitaire.

Bon nombre de soignants ont refusé de se soumettre au contrôle. Dans l’après-midi, certains ont décidé alors de forcer le blocage des policiers pour entrer travailler, ce qui a conduit à des échanges musclés. Trois travailleurs ont été arrêtés, menottés et placés en garde à vue jusqu’au lendemain. Cela a décuplé la colère et leurs collègues du CHUM ont riposté aux gendarmes et se sont défendus avec courage. Les gendarmes agresseurs ont reçu des coups et des projectiles, y compris venant des étages. Les images ont fait le tour des réseaux sociaux et les jours suivants les agents hospitaliers ont poursuivi leurs manifestations. Samedi matin 16 octobre, ils sont venus devant le palais de justice de Fort-de-France soutenir les syndicalistes poursuivis en justice. Lundi 18 au matin, ils étaient plusieurs centaines rassemblés devant les urgences du CHU pour tenir un meeting. Une nouvelle journée de mobilisation à la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane était prévue vendredi 22 octobre.

Mais dès le 15 octobre, la révolte des soignants a conduit le directeur du CHU à baisser le ton dans une note d’information où il parle de « médiation ». La directrice du centre psychiatrique Despinoy a fait des propositions jugées acceptables par les syndicats. Ceux qui refusent l’obligation vaccinale sont très nombreux en Martinique et cette situation fait réfléchir les différentes directions hospitalières.

Les soignants de Fort-de-France ont montré leur colère au gouvernement, qui serait bien avisé d’en tenir compte. Car celle-ci monte en Martinique dans l’ensemble du secteur de la santé, comme dans d’autres secteurs d’activité.

Marianne TIBUS