Tests anti-Covid non remboursés : face ils gagnent, pile on perd

13 Octobre 2021

Le gouvernement a décidé la fin du remboursement des tests anti-Covid pour les adultes non vaccinés n’ayant pas de restriction médicale. À partir du 15 octobre, ceux d’entre eux qui voudront se faire tester devront payer 44 euros pour un PCR et entre 22 et 30 euros pour un antigénique.

Les travailleurs des restaurants ou des lieux imposant le passe sanitaire aux usagers sont dans l’obligation de fournir à leur employeur un passe sanitaire. Le déremboursement des tests est donc le moyen de faire pression sur ceux qui refusent de se faire vacciner.

Dorénavant, ces travailleurs devront payer deux tests successifs, à 25 euros pièce en pharmacie (test anti­génique), pour être couverts toute une semaine. Cela revient à débourser 200 euros pour le mois. Avec un test PCR, c’est le double. Dans les milieux populaires, où l’on subit déjà les hausses de prix et la faiblesse des salaires, des indemnités et des pensions, payer un test se fera aux dépens d’autres dépenses nécessaires ou ne se fera pas.

C’est en invoquant l’urgence sanitaire que le gouvernement avait décidé le remboursement intégral des tests par la Sécurité sociale sans besoin d’ordonnance. En apparence, ce choix défendait l’intérêt collectif, mais dans une société capitaliste, cette politique défendait surtout les profits des grands groupes. Les fabricants des machines à tester, des réactifs et des tiges pour les prélèvements, comme le groupe suisse Roche ou le groupe français BioMérieux, les grands laboratoires d’analyses comme Eurofins ou Synlab, ont été les grands gagnants de cette politique. Les tests étaient remboursés 73,59 euros alors qu’ils coûtaient 40 à 45 euros, ce qui rendait très rentable l’investissement dans les machines à tester et l’activité de prélèvement. Depuis, Eurofins est entré au CAC 40, le cours de l’action s’est envolé de 83 % depuis le début de l’année. Les dirigeants annoncent que les revenus directement liés au Covid s’élèvent à 750 millions d’euros.

Dorénavant, le gouvernement trouve que les remboursements sont trop coûteux. Il annonce un coût de 6,2 milliards d’euros pour la Sécurité sociale. Pour le Premier ministre, Jean Castex, « il n’est plus légitime de payer des tests de confort à outrance aux frais des contribuables. »

Ce sont effectivement les travailleurs qui, par leurs cotisations, ont payé ces tests. Mais s’ils sont victimes de quelqu’un, ce n’est certainement pas de ceux qui ne veulent pas se faire vacciner. Ils sont victimes de la rapacité de grands groupes qui se sont enrichis avec les tests et de la politique d’un gouvernement qui a servi leurs intérêts.

Joséphine Sina