Prix alimentaires : un système d’affameurs

13 Octobre 2021

Selon l’indice de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation, la FAO, le prix du panier moyen dans le monde a augmenté, pour le consommateur, de 1,2 % par rapport au mois d’août.

Ces hausses correspondent à celles des cours de différentes matières premières, comme le blé, les huiles végétales, les produits laitiers, ou encore le sucre.

En un an, il s’agit d’une hausse de plus de 30 %. Le blé dur destiné aux pâtes a renchéri de 65 % et le blé tendre pour la boulangerie de presque 30 %. Ces hausses des cours des matières premières menacent de se transformer en hausses des prix de la baguette et du kilo de pâtes.

Ce n’est pas une fatalité ni un produit de la nature, mais celui d’un système où l’offre et la demande sont livrées aux aléas d’une multitude d’intérêts capitalistes. De mauvaises récoltes en Russie, en Europe, au Canada, rendraient l’offre de blé mondiale inférieure à la demande. Mais à ces raisons de la hausse s’ajoute la spéculation sur les marchés financiers. De plus, les transporteurs maritimes ont acquis une position de force, et en ont profité pour augmenter leurs prix. En janvier 2020, un importateur payait 1 000 dollars pour faire venir un conteneur de 67 m³ au Havre depuis Shanghai. Il lui en coûte désormais 7 500 dollars. Les importateurs tentent à leur tour de répercuter ces hausses aux distributeurs.

Ainsi, si chaque capitaliste peut trouver le moyen de maintenir ses marges, les travailleurs et les classes populaires n’ont quant à eux pas cette possibilité de répercuter les hausses de prix de leurs produits, sinon en imposant, par la lutte que les salaires suivent les hausses de prix.

Charles Legoda