Darmanin : la chasse aux migrants continue

13 Octobre 2021

Après un déplacement en Grèce dans l’île de Samos, le ministre de l’Intérieur Darmanin a fait l’éloge, le 11 octobre, du « modèle grec » de contrôle des réfugiés, en l’occurrence un camp d’enregistrement sécurisé.

Le camp en question, inauguré il y a quelques semaines, est composé de baraquements neufs, pas surpeuplés, ou du moins pas encore, ni sordides comme les précédents, mais il est totalement clos, cerné de barbelés, de miradors et de caméras. Les habitants ne peuvent en sortir que de 8 heures à 20 heures à condition de présenter leurs empreintes digitales et un badge électronique au portail magnétique de l’entrée. Les ONG, dont Amnesty international, ont déjà dénoncé les difficultés qu’auront les migrants à atteindre les services de demande d’asile, sans compter cette façon de les considérer d’entrée de jeu comme des criminels, sous surveillance constante.

Mais justement, ce qui plaît à Darmanin est « ce camp impressionnant [qui] permet aux Grecs de bien tenir leurs frontières ». Certes le gouvernement grec, très à droite, fait tout ce qu’il peut pour « tenir » ses frontières, y compris par le refoulement violent et illégal des migrants le long de la frontière terrestre avec la Turquie, près du fleuve Evros, ou en pleine mer avec l’aide des garde-côtes de Frontex, l’agence européenne de surveillance. Darmanin et le ministre de l’Intérieur grec, issu d’un parti d’extrême droite, sont tout à fait sur la même longueur d’ondes.

La seule différence, c’est que Darmanin, comme ses collègues des pays européens les plus riches, délègue aux pays du sud, la Grèce, l’Italie, l’Espagne et Malte, la responsabilité de renforcer les frontières extérieures de l’Europe, moyennant finances. Ce sera, a-t-il affirmé, « la priorité de la France, qui exercera la présidence semestrielle de l’Europe à partir de janvier ».

Blinder les frontières, élever des murs, bloquer ceux qui fuient la misère et la guerre, telle est l’obsession de Darmanin et du gouvernement, sous prétexte de sécurité : c’est absurde et odieux mais, en période électorale, cela peut aussi rapporter des voix.

Sylvie MARÉCHAL