11 300 milliards, qui dit mieux ?

13 Octobre 2021

Le rapport dit « ­Pandora Papers » a été réalisé à partir de la transmission par une source anonyme de près de douze millions de documents confidentiels. Ils proviennent de quatorze cabinets spécialisés dans la création de sociétés fictives dans les paradis fiscaux. Il met en cause plus de 300 politiciens et de hauts fonctionnaires, dont 35 anciens ou actuels chefs d’État. Il concerne aussi, même si les médias en parlent assez peu, plus de 130 capitalistes milliardaires issus de 45 pays différents.

D’après cette même enquête, le total des fonds placés dans les paradis fiscaux, de façon légale ou illégale, aurait atteint la somme pharamineuse de 11 300 milliards de dollars en 2019, soit près de quatre fois le produit intérieur brut (PIB) de la France ! Ce n’est pas une surprise car tous les grands trusts industriels et bancaires ont des filiales dans ces pays, où l’impôt sur les bénéfices est dérisoire, afin d’y transférer l’essentiel de leurs profits. Résultat : les 40 plus grandes sociétés cotées en bourse en France paient en moyenne moins de 8 % d’impôts sur les bénéfices, alors que le taux officiel est de 26,5 % !

Les dirigeants de ces grands groupes prétextent que cela n’est pas illégal. Peut-être, mais cela veut surtout dire que les lois sont faites pour eux.

Arnaud LOUVET