Régions : budget en baisse, qui paiera ?

06 Octobre 2021

Le 30 septembre, au congrès des Régions de France, le Premier ministre, Jean Castex, a reçu un accueil plus que frais de la part des présidents de ces collectivités.

C’était sans surprise, puisque le gouvernement venait de présenter un projet de loi de finances pour 2022 réduisant leurs dotations de 50 millions d’euros.

Globalement, d’après les chiffres officiels de 2020, le quart du budget des régions sert aux transports ferroviaires, routiers, et même fluviaux ou maritimes ; entre 15 % et 20 % sont dévolus aux lycées, un peu plus de 10 % à l’emploi et à la formation, et le reste essentiellement au soutien et à l’accompagnement des entreprises, à l’innovation et à la recherche.

Les présidents de région ont fait valoir, dans un communiqué, qu’ils avaient même investi plus que leur part pour cofinancer avec l’État des programmes de « Territoires d’industrie », alors que celui-ci refuse toujours de compenser les pertes de recettes dans les transports.

C’est l’éternel problème du financement de la décentralisation, ces tâches passées de la responsabilité du gouvernement à celle des collectivités locales, sans que le budget suive, qu’il s’agisse des régions, des départements ou des municipalités.

Quel que soit le résultat de ce petit bras de fer, économique et politique, entre l’état-major régional et le gouvernement, on peut être sûr que le dernier recours est quasiment toujours la ponction sur les usagers des transports, les suppressions d’emplois ou la réduction des investissements scolaires, bien plus que la baisse des subventions aux patrons, surtout quand ils sont gros.

Sylvie MARÉCHAL