Procès Bygmalion : un bracelet pour le petit Nicolas

06 Octobre 2021

Jeudi 30 septembre, rendant son verdict dans l’affaire Bygmalion, le tribunal correctionnel de Paris a condamné Sarkozy à trois ans de prison, dont un an ferme, alors que le ministère public avait demandé un an de prison, dont six mois ferme.

Pour tenter de se faire réélire en 2012, Sarkozy avait crevé de quelque 20 millions, au minimum, le plafond des dépenses autorisées. Le tribunal correctionnel a reconnu « l’escroquerie » et jugé qu’il ne pouvait pas ignorer la situation de ses dépenses de campagne. Il avait déjà écopé de trois ans de prison, dont un an ferme, en mars dernier dans l’affaire des écoutes, dite affaire Bismuth. Celui qui s’était fait le chantre de la délinquance zéro commence donc à avoir un bon palmarès judiciaire. De là à penser que les portes du pénitencier vont bientôt se refermer sur lui, c’est une autre affaire.

Le verdict a été assorti d’un aménagement de peine lui permettant d’accomplir son année de prison ferme à domicile, équipé d’un bracelet électronique. De toute façon, comme pour le verdict du procès Bismuth, Sarkozy a fait appel, si bien que les condamnations pour ces deux affaires sont suspendues. Sarkozy et son équipe d’avocats jouent la montre, une Rolex bien sûr, et ce ne sont pas les moyens financiers, décisifs pour un prévenu, qui lui manquent pour gagner du temps.

Quant aux soutiens politiques de Sarkozy, même s’ils ne sont pas sans arrière-pensées, ils ne se dérobent pas. Ainsi, les ténors Les Républicains ont à nouveau hurlé à l’injustice, à l’acharnement judiciaire, comme Sarkozy lui-même. Aucun candidat putatif de la droite à la prochaine présidentielle n’a oublié de lui rappeler son amitié. Même le Premier ministre, Jean Castex, le soir du verdict de l’affaire Bygmalion, a tenu à rappeler que Sarkozy n’avait rien d’un paria : « À titre personnel, je voudrais manifester mon amitié et mon affection pour le président Sarkozy », a-t-il déclaré au journal de 20 heures sur TF1.

Tous ces gens-là savent multiplier les déclarations sur un prétendu laxisme de la justice, mais cela ne s’applique jamais aux délinquants en col blanc de leurs amis qui vivent à Neuilly ou dans les beaux quartiers de Paris.

Boris SAVIN