Hausse des prix : le bouclier percé de Castex

06 Octobre 2021

Le Premier ministre, Castex, est intervenu au journal télévisé de 20 heures jeudi 30 septembre pour annoncer solennellement la mise en place d’un « bouclier tarifaire » contre les hausses des prix de l’énergie.

« Pour aider les Français à passer l’hiver », et pour tenter de protéger la popularité du futur candidat Macron à quelques mois de l’élection présidentielle, aurait-il pu rajouter.

L’augmentation de 12 % du prix du gaz intervenant le 1er octobre n’étant pas annulée, Castex a promis qu’elle serait la dernière jusqu’en avril 2022. Mais, après, les entreprises du secteur énergétique seront libres d’augmenter leurs tarifs et de rattraper leur manque à gagner.

Pour l’électricité, la hausse des tarifs serait limitée à 4 %. Quant au prix de l’essence, le gouvernement ne fera rien dans l’immédiat car, d’après Castex, « on n’est pas dans l’explosion ». Pourtant, les prix ont augmenté depuis le début de l’année entre 12 et 17 % suivant le carburant. Ceux qui sont obligés de prendre leur véhicule tous les jours pour se rendre à leur travail apprécieront. Il est vrai que, si toutes ces mesures se révèlent insuffisantes, Castex « envisage » de revaloriser le chèque énergie. Pour le gouvernement, il est surtout urgent d’attendre et il n’y a vraiment pas grand-chose à espérer d’un tel bouclier, qui ressemble surtout à une passoire.

De toute façon, il n’y a pas que les prix de l’énergie qui partent à la hausse. Produits alimentaires, loyers… tout augmente ! Pour les travailleurs, la seule façon de protéger leur pouvoir d’achat est de revendiquer un salaire qui permette de vivre, quelles que soient les fluctuations des prix. Et pour cela, il faudra imposer que les salaires suivent réellement le coût de la vie : + 60 % d’augmentation du prix du gaz depuis le début de l’année ? Les salaires, les allocations et les retraites doivent augmenter dans les mêmes proportions que les prix ! Et la facture, c’est aux grands groupes capitalistes qu’il faudra la présenter, à commencer par ceux qui, comme Engie, premier distributeur de gaz en Europe, sont les premiers bénéficiaires de la hausse des prix.

Camille PAGLIERI