Dans l’hôtellerie et ailleurs : il faut augmenter les salaires

06 Octobre 2021

Avec la hausse des prix, la question des bas salaires devient cruciale. Les travailleurs de l’hôtellerie et restauration sont particulièrement concernés.

Cette année, les négociations engagées depuis quelques semaines entre les syndicats et les organisations patronales de ce secteur se font dans un contexte un peu moins défavorable pour les salariés.

Le secteur a perdu plus de 200 000 emplois du fait de la pandémie et a bien du mal à recruter alors que grâce aux aides de l’État, malgré un an et demi de pandémie, les entreprises du secteur se portent bien. La ministre du Travail, Élisabeth Borne, a d’ailleurs interpellé les patrons de l’hôtellerie et de la restauration pour qu’ils revalorisent les salaires même si, pour ses propres salariés, l’État a fixé l’augmentation à 37 euros par mois pour les plus bas salaires. C’est à peine quelques euros au-dessus de l’augmentation du smic du 1er octobre.

D’après le président de l’organisation patronale des saisonniers de l’hôtellerie, les employeurs seraient ouverts au versement d’un 13e mois et à la mise en place d’une participation ou d’un intéressement. Ils proposeraient entre 6 et 9 % d’augmentation, ce qu’ils qualifient d’accord historique.

Même si les patrons cèdent cette augmentation, elle sera loin de compenser les augmentations des prix de l’énergie, de l’alimentation, des loyers… Mais, même pour ces quelques euros, ce représentant du patronat réclame l’aide de l’État. Il explique que les exonérations de cotisations sur les plus bas salaires incitent les patrons à payer les salaires minimum, et conclut que, pour inciter les patrons à mieux payer leurs salariés, l’État doit exonérer les salaires dits intermédiaires, un peu plus élevés que le smic.

Au nom de la lutte pour la compétitivité ou des difficultés des entreprises, l’État aide les patrons à payer une partie des salaires par le biais d’une exonération de charges. Il en est ainsi depuis des dizaines d’années, et les patrons en redemandent. Il suffit maintenant d’écouter les propositions des présidentiables pour savoir qu’ils seront servis, quel que soit l’élu.

Pour que les salariés du bas de l’échelle parviennent vraiment à joindre les deux bouts, c’est une revalorisation des salaires de plusieurs centaines d’euros qui serait nécessaire. Il faut non seulement compenser les pertes liées au quasi-blocage des salaires depuis des décennies mais face à la reprise de l’inflation, il faut imposer une échelle mobile des salaires, c’est-à-dire une augmentation des salaires qui suive celle des prix. C’est une question de survie pour les travailleurs.

Inès Rabah