Congrès des HLM : en panne de financement

06 Octobre 2021

Le congrès de l’Union sociale pour l’habitat (USH), qui regroupe les organismes HLM, s’est tenu à Bordeaux du 28 au 30 septembre.

Il est resté on ne peut plus consensuel avec les représentants de l’État, alors que celui-ci assèche leurs finances ainsi que celles des collectivités locales, entraînant une forte aggravation de la crise du logement.

Invité, le Premier ministre, Jean Castex, s’est déclaré profondément préoccupé par la baisse de la production de logements et par l’augmentation dramatique des prix dans certains territoires. Cela a suffi pour que la présidente de l’USH, Emmanuelle Cosse, « salue la prise de conscience, au plus haut niveau de l’État, de notre préoccupation face à la crise du logement », ajoutant que les annonces faites par le Premier ministre « vont dans le bon sens ».

Pourtant, tout ce que Castex avait de nouveau dans sa besace pour favoriser la construction de logements HLM était une compensation par l’État aux collectivités locales d’une de leurs nombreuses pertes de recettes fiscales, celle de la taxe foncière, dont les bailleurs sociaux sont dispensés. Et encore, cette prise en charge ne jouera que pour les logements qui sortiront de terre à partir de 2024.

Les suppressions des différentes taxes locales sont de moins en moins compensées par l’État, ce qui rend difficile voire impossible de répondre aux dépenses engendrées par l’arrivée de nouveaux habitants, par exemple pour créer davantage de classes dans les écoles ou pour l’entretien de nouvelles voies. Les collectivités locales doivent aussi prendre en charge une part croissante des dépenses liées à la construction ou à la rénovation d’un immeuble HLM à la place du bailleur, car l’État puise dans le budget des HLM, notamment en les obligeant à payer à sa place une partie des APL (aides personnalisées au logement). Mais peu importe à Emmanuelle Cosse, ancienne ministre Verte du Logement de Hollande entre février 2016 et mai 2017, qui reste bien plus proche des gouvernants que des victimes de la crise du logement.

Jean SANDAY