Toxicomanes à Paris-19e : une situation intenable

29 Septembre 2021

Vendredi 24 septembre, une cinquantaine de toxicomanes ont été évacués des jardins d’Éole, proche de Stalingrad dans le 19e arrondissement de Paris, vers le square de la porte de la Villette.

Le préfet a fait construire un mur pour leur fermer un passage vers Pantin, prétendant ainsi protéger les habitants de cette commune de Seine-Saint-Denis. C’est à la fois choquant et dérisoire, puisqu’il suffit de faire quelques mètres pour trouver le moyen de franchir le boulevard périphérique. Cette opération d’expulsion a été présentée comme une solution temporaire, mais en réalité les autorités poursuivent la même politique vis-à-vis des toxicomanes depuis des années, les chasser d’un endroit à l’autre, vers les quartiers les plus pauvres de Paris.

Maire de Paris et préfet ont eu beau s’opposer dans les médias, ils sont complices de cette situation. C’est la maire socialiste Hidalgo qui a appelé Darmanin à la rescousse, tout en refusant son plan d’expulsion. Le projet d’Hidalgo était la création de centres d’accueils, en plein milieu des arrondissements les plus populaires de Paris.

Ces toxicomanes sont un des produits de la montée de la misère, et de la présence de masses de pauvres abandonnés à la rue. Que ce soient des anciens sans-domicile-fixe ou des migrants condamnés à camper dans des conditions indignes, ils sont la proie des trafiquants de drogue qui y voient un marché rentable. Coupé et mélangé à partir de la cocaïne, peu coûteux, le crack rend très vite dépendant, avec des dégâts physiques rapides. L’agressivité des toxicomanes suscite une inquiétude légitime pour les habitants des quartiers concernés.

Il serait urgent de prendre totalement en charge et soigner les victimes de cette drogue dans des endroits adaptés. Mais l’État se contrefiche en fait de malheureux, consommant une drogue de pauvre, dans des rues habitées par des petites gens.

Charles Legoda