Nos lecteurs écrivent : aides à domicile sous-payés29/09/20212021Journal/medias/journalnumero/images/2021/10/2774.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Nos lecteurs écrivent : aides à domicile sous-payés

« À l’occasion des annonces de Castex sur l’aide à la personne et les Ehpad, les médias ont diffusé des reportages sur les aides à domicile, montrant le manque cruel d’effectifs, les conditions de travail déplorables et les bas salaires.

Au passage, ils pointaient le « manque de considération » pour ce métier, manière édulcorée de nommer ce qui est en fait un véritable mépris de la part des dirigeants à l’encontre de ces travailleurs.

Je suis aide à domicile dans l’agglomération tourangelle, employé par une entreprise privée. Nous avons un contrat à temps partiel annualisé, c’est-à-dire qu’on peut nous ajouter des heures supplémentaires, appelées heures de modulation et payées en fin d’année. Jusqu’à 30 % en plus de notre contrat, on ne peut pas les refuser. Et elles ne manquent pas, vu la faiblesse des effectifs. Dans ces conditions, beaucoup d’entre nous craquent et démissionnent. Celles et ceux qui ont un véhicule sillonnent une bonne partie du département sans que l’essentiel des frais kilométriques soit payé. Quant aux autres, qui utilisent les transports en commun, leurs journées peuvent avoir jusqu’à 12 heures d’amplitude (attention à ne pas louper le bus), pour honorer un contrat d’à peine une centaine d’heures par mois.

Non content de nous sous-payer, notre employeur cherche à grappiller jusqu’au moindre centime. Les quelques frais kilométriques auxquels nous avons droit sont payés 22 centimes du kilomètre alors qu’ils sont facturés 52 centimes aux bénéficiaires. Il facture même à certains un forfait de 1,70 euro d’indemnités de déplacement par intervention sans qu’on en voie la couleur. Quand nous avons une demi-heure entre deux interventions, cela devrait nous être payé mais on ne nous paie qu’un quart d’heure… Et la liste est longue de ces petits larcins révoltants.

Le plus choquant concerne le paiement des heures de modulation. Quand il s’agit de les payer, l’imagination ne manque pas pour nous les réduire. La dernière invention est un mode de calcul qui faisait qu’un jour de congé valait moins d’heures qu’un jour de travail. Du coup, quand nous prenions des vacances, on nous prélevait des heures de modulation précédemment acquises pour arriver à faire le nombre d’heures du contrat mensuel. Il a fallu qu’un certain nombre d’entre nous protestent pour que cela soit rectifié… Et on n’est même pas sûr que ça l’ait été pour tout le monde. (…) »

Partager