Le Pen en campagne : la classe ouvrière en ligne de mire

29 Septembre 2021

Les candidats de droite et d’extrême droite qui prétendent s’adresser à l’électorat populaire savent que le délire raciste pathologique et l’incantation à Jeanne d’Arc ne touchent, et c’est heureux, qu’une très faible partie de l’électorat.

L’écrasante majorité des travailleurs étant logiquement préoccupée par ses problèmes réels, le chômage, les bas salaires, le logement, les difficultés concrètes de la vie, Le Pen, ses porte-parole et ses concurrents sont contraints de venir sur ce terrain.

Ainsi Bardella, président par intérim du RN, prétendait le 28 septembre sur France Inter que l’arrêt de l’immigration ferait automatiquement augmenter les salaires des travailleurs français. Et ce bon apôtre du patronat d’affirmer que les immigrés acceptaient d’être exploités, tirant ainsi les salaires vers le bas. Mais c’est bien l’employeur qui fixe le montant des salaires. Non seulement Bardella n’a pas un mot contre les exploiteurs, mais il leur facilite la tâche en dressant les travailleurs les uns contre les autres.

Ce même souci pousse Marine Le Pen, sa patronne, à mettre en avant la préférence nationale, c’est-à-dire le fait de réserver aux seuls titulaires de la carte d’identité française l’accès aux prétendus avantages sociaux. Devant l’évidente misère sociale, l’extrême droite et la droite qui lui dispute le terrain affirment que réduire le salaire des étrangers fera monter celui des Français, qu’expulser les familles immigrées libérera des logements pour les familles bien de chez nous, que priver les petits Karim d’allocations permettra de payer des tablettes aux Kevin des faubourgs. C’est évidemment faux. L’appauvrissement des classes populaires est général et se fait au bénéfice exclusif des classes possédantes. Il continuera, avec ou sans Le Pen, tant que les travailleurs eux-mêmes n’y mettront pas fin. En l’absence d’une telle mobilisation des travailleurs, sur des bases de classe, c’est-à-dire sans distinction de nationalité, d’origine, de religion, la propagande xénophobe dessine un sombre avenir.

Quelle que soit l’issue du scrutin, cette propagande affaiblit les travailleurs puisqu’elle contribue à diviser leurs rangs. La lutte contre l’extrême droite et contre l’avenir qu’elle prépare commence par l’affirmation de l’unité de la classe ouvrière : attaquer le dernier sans-papiers arrivé, c’est nous attaquer tous !

Paul GALOIS