Aide au développement : celui des capitalistes

29 Septembre 2021

En août dernier était votée une loi programmant une augmentation sur trois ans de l’aide au développement des pays pauvres. Officiellement destinée à financer des projets améliorant la situation de leur population, elle a surtout pour but d’aider les entreprises françaises à arracher des marchés et à faire face à leurs concurrents sur le marché africain.

Une enquête, menée par le site Médiapart et le groupe de journalistes d’investigation Disclose, en donne quelques exemples.

Les dix sociétés qui ont remporté le plus d’appels d’offres de l’Agence française de développement (AFD) entre 2015 et 2019 sont toutes françaises : une filiale d’Engie, une autre de Suez environnement, ou la société de sécurité Amarante, qui se prévaut d’« assurer la protection de ses clients y compris dans les zones sensibles ». Il est peu probable que les clients en question soient de paisibles paysans africains.

En 2016, deux entreprises étaient sélectionnées pour la rénovation de l’aéroport de Douala au Cameroun : une filiale de Vinci et une filiale de Fayat, alors quatrième groupe français de BTP. Deux ans plus tard, les compagnies aériennes se plaignaient de l’insécurité des installations, malgré les 24 millions d’euros prêtés par l’AFD pour ce chantier. Les journalistes qui ont voulu accéder aux documents concernant les contrats passés se sont vu opposer le secret bancaire.

Jusqu’en 2020, l’AFD a aussi soutenu financièrement une société possédant une plantation de palmiers à huile en République démocratique du Congo, au nom du nécessaire développement de « l’agro-industrie, complément de l’agriculture familiale ». Les terres y avaient été volées aux paysans, les employés maltraités et mis en danger par les produits chimiques utilisés, ont révélé les témoignages recueillis sur place par les journalistes.

Quant à l’argent du développement, ces travailleurs n’en ont jamais vu la couleur !

D. M.